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Ce blog est le petit frère de notre site disparu et un peu reconstitué ici.

lundi 10 juin 2013

Poésie et sculpture / Appel à contributions

"Psaume" de Camille Claudel




Et si vous n'êtes pas très Facebook, vous pouvez bien sûr vous exprimer ou prendre contact ici-même. (i.e : dans les Commentaires, ci-dessous). 


Un projet de colloque

En toile de fond, nous avons un projet de colloque au voisinage de notre festival pluridisciplinaire O+o de Paris, sur lequel voici quelques liens : 


* Articles du blog
Edition 2013 : 
Edition 2012 : 

* Page Facebook du Festival O+o de Paris 2013

samedi 8 juin 2013

Réforme du CNL : miracle à Saint-Sulpice ?


Est-on à la veille d'une évolution des positions ? En tout cas, les propos du président du CNL lors d'une réunion professionnelle au Marché de la Poésie pourraient le laisser croire. 


Le bref échange entre Jacques Darras (Circé/Marché de la poésie, et Jean-
François Colosimo, président du CNL, préfigure-t-il une sortie de crise ?
Une réunion des éditeurs de poésie avait lieu vendredi 7 juin à 10h au Marché de la poésie autour d’un projet de portail d’information et de vente en ligne. Mais ce qu’ont retenu beaucoup des professionnels présents c’est aussi l’échange préliminaire qui a eu lieu entre Jacques Darras, président de Circé, l'association organisatrice du Marché de la poésie, et Jean-François Colosimo, président du Centre National du Livre. 

En introduction de cette matinée, J. Darras, après avoir remercié J-F. Colosimo de sa présence, a tenu à résumer pour lui les propos qu’il avait tenus la veille lors de l'inauguration officielle à laquelle le président du CNL n'avait pu assister.

Sujet de ces propos, on le devine, la réforme du CNL… Après avoir été gelé par la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, suite notamment à la levée de boucliers des poètes l’été dernier, ce projet de réforme agite à nouveau les esprits depuis début mai.
Divers courriers et lettres collectives de poètes renommés ont été adressés aux instances concernées, les téléphones vrombissent, des courriels s’échangent. De son côté, l’Union des poètes s’est saisie du sujet dès qu’elle en a été informée et ses tracts circulaient sur le Marché dès jeudi matin. 

« Une concertation est en cours actuellement, a commencé Jacques Darras, mais, et je le dis amicalement, la finalité de cette réforme a été mal saisie des éditeurs et des poètes. Il ne faudrait pas que cela débouche sur une rupture de confiance. Nous sommes attachés au CNL, tel qu'il existe depuis longtemps. »
Jean-François Colosimo répond d’abord qu’il est heureux d'être ici aujourd'hui par cette belle matinée, regrettant de n’avoir pu assister la veille à l'inauguration « retenu par le plan Librairie qui nécessite nombre d’ajustements administratifs et financiers. »

Mais il n’élude pas la question : « Sur la réforme, poursuit-il, je ne préjuge pas de ce que décidera la Ministre mais à l'évidence, des inquiétudes persistent. Or, on n'impose pas ce genre de choses s'il n'y a pas de consensus. Si les poètes n'en veulent pas, le CNL ne saurait s'y opposer. »

« J’ai la volonté de fermer ce chapitre pour avancer.» 


Un blanc... Pendant lequel beaucoup de regards se croisent dans le public avant d’aller se perdre sur les murs ocres de la massive façade de l'église Saint-Sulpice comme si quelque chose était, peut-être, en train de changer.
« On est là pour servir le monde du livre, poursuit Jean-François Colosimo, et chaque voix est entendue pour ce qu'elle représente. » (...) « J’ai la volonté de comprendre votre inquiétude, de fermer ce chapitre pour avancer.» (...) « Nous sommes là pour la qualité, l'exigence, la différence... Oui, pour chérir la qualité. » Verbatim.

Un ange passe tranquillement avant que la discussion ne s’enclenche sur la question du Portail, l'officiel sujet du jour. Souhaitons que ce ne fût un ange sulpicien, en tout cas au sens de Léon Bloy.

Dominique Guillerm

PS : Nous essaierons de mettre en ligne rapidement la suite de cet article sur le sujet du Portail… Mais, si ces sujets vous intéressent, vous pouvez aussi partager notre réflexion sur la nécessaire autonomie de la poésie contemporaine. 

jeudi 6 juin 2013

Sur la place du Marché


Après un printemps difficile, l'été revient avec son Marché. 
Toujours sur la place Saint-Sulpice mais pour combien de temps encore ?
Ah oui, la poésie prend des coups ces temps-ci...

Et pourtant vous êtes des milliers à la sentir toujours plus nécessaire et à le dire ici, ou sur Facebook ou sur vos blogs ou dans les multiples rassemblements où nous sommes encore chez nous avec la parole au centre. 

Aux sceptiques qui, autour de vous, réclameraient des preuves de cet inaltérable vitalité, vous pouvez répondre par exemple par le succès du site Recours au Poème

Vous pouvez même leur décocher un chiffre, si c'est ce qu'ils attendent : plus de 8000 personnes s'y connectent chaque semaine pendant une durée de plus de 8 minutes. Pourquoi 8, parce que les responsables du site, Gwen Garnier-Duguy et Matthieu Baumier, ont considéré que cela permettait de ne pas prendre en compte les visites de simple curiosité mais uniquement les "vrais" lecteurs. Les chiffres aussi ont leur morale et leurs petites exigences; cela s'appelle l'honnêteté intellectuelle. 

Encore un chiffre qui est une preuve

Un vrai bonheur que ce succès de qualité dans la durée. Et même dans la quantité avec l'équivalent d'environ 150 pages proposées chaque semaine... L'intérêt de ce succès de fréquentation est aussi qu'il permet de clouer le clapet et de faire avaler leur chique à ceux qui croient encore que la poésie, voyons, vous savez bien que cela n'intéresse personne. 

On pourrait sourire de cet aveuglement si certains décideurs ne pensaient encore ainsi dans un ministère qui s'obstine à mettre en danger le Printemps des Poètes pour quelques dizaines de milliers d'Euros, le ministère de Vincent Peillon, un philosophe... Allez comprendre ! Ceux qui découvriraient aujourd'hui le problème trouveront ici ou bien là divers liens qui l'exposent. 

Heureusement, un autre ministère semble penser et agir autrement, dans la mesure de ses moyens (financiers et politiques). Ceci vise clairement la façon dont Aurélie Filippetti dit sans ambiguité le mal que la technik (dans l'acception du Heidegger de 1956), c'est-à-dire aujourd'hui Amazon est en train de faire au livre, par exemple dans cet article de ActuaLitté

L'hôte du ministère de la culture prouve continûment, jusqu'ici, qu'elle applique sa ligne politique développée dans l'Humanité le 1er octobre 2012 : " Je crois que cette mission de la culture, malgré la crise et plus que jamais à cause de la crise, est de revenir à la littérature, à la poésie." 

Bon Marché à tous... celui de la poésie étant sans doute celui où le moins d'argent rencontre le plus de richesse. 

Dominique Guillerm


NB  : Ceux que ces questionnements intéressent peuvent suivre le travail de la commission Etat des lieux de l’Union des Poètes et Cie ou même nous y rejoindre. Prochaine A.G le 7 juin à 19h à la mairie du 2e ardt de Paris.

mercredi 15 mai 2013

Die grosse deutsche Presse publiziert Lyrik !

Ci-dessous la traduction en allemand de l'article De la poésie dans les journaux étrangers !?!  par Eva Maria Berg, membre de l'Union des poètes, que nous remercions ainsi que Brigitte Gyr. 

Eine amüsante Erfahrung im Feld der Mediologie wäre vielleicht eine Rezension zu ausländischen Zeitungen, die Dichtung veröffentlichen oder über zeitgenössische Veröffentlichungen von Lyrik reden.
Wie in Deutschland...

In der letzten Ausgabe der Online-Zeitschrift Recours au Poème wird diese Information von Pascale Trück in ihrem Artikel über Sebald und Tranströmer (April 2013 Ausgabe der Zeitschrift EUROPE) übermittelt :

« Renaud Ego ist einer der wenigen Autoren in Frankreich (sowie sein treuer Verleger “Le Castor Astral” und sein Übersetzer Jacques Outin), der den schwedischen Autor (Tomas Tranströmer) schon vor seinem Nobel-Preis kannte.
Er ist derjenige, der das Nachwort für dessen sämtliche Werke (Le Castor Astral, 1996, Poesie/Gallimard, 2004) verfasst hat. Ganz humorvoll erläutert er unsere (französische) Ignoranz.
« Dichtung hat keinen Platz mehr in der Presse, wo sie als reine Kuriosität oder archaïsches Relikt in den Hintergrund gedrängt wird, wie zum Beispiel : Handkarren oder Bigouden Tanz (NDT Volkstanz). Er zitiert anschließend einige Phrasen von Journalisten, aber das macht weniger Vergnügen : sie erinnern uns an die Sarkasmen, die man hier und da lesen konnte, als 2009 der Nobel-Preis an Herta Müller verliehen wurde.

Die Lage ist ganz anders in der englischen oder deutschen Welt. In Deutschland werden einmal pro Woche Texte zeitgenössischer Dichter von den großen Tageszeitungen publiziert, während unsere (französischen Zeitungen) die Veröffentlichung einiger Seiten von Michel Houellebecq nötig haben, um sich des Wortes “Dichtung” zu entsinnen.

In 2.0 Modus, dieser Artikel ist eine Skizze, ein Entwurf, eine Einladung an diejenigen, denen Dichtung nicht gleichgültig ist, diesen Kampf weiterzuführen, auf ihren Websites, Blogs, und sei es auf Facebook und uns rohe (noch unbearbeitete) Informationen zu übermitteln. Wir werden ihnen Gestalt verleihen.

Einer für alle, wie der andere sagte, wir sind dran.

Autonomie de la poésie


Les problèmes de survie du Printemps des Poètes (voir les résumés ici ou bien là) ont mis à jour ces derniers mois des questions de fond touchant au rapport que nos sociétés entretiennent avec l'art, et singulièrement avec la poésie et donc avec leur propre essence. 
Plus on analyse ces questions, plus s'impose la nécessité d'affirmer l'autonomie de la poésie en tant que secteur distinct.

Posé clairement, ce principe entraîne diverses conséquences au regard de la création, de la diffusion et de la distribution de la poésie en France. 
Disons-le net : aujourd'hui, ce souci est d'ordre politique. Cela oblige à ouvrir les volets de la tour d'ivoire où l'on croit enfermés les poètes et à lancer l'oeil hors de la tour de feu. 

© Médiathèque départementale de Seine-et-Marne.

Ni littérature...

Ce n'est pas parce qu'elle s'écrit dans des livres que la poésie doit être enfermée dans la vaste maison de la littérature. D'ailleurs les bons libraires ont un vrai rayon poésie, une large fenêtre, et ce n'est pas seulement par habitude ou par amour des catégories d'Aristote. C'est qu'en commerçants avisés, ils sont à l'écoute du Lecteur. Or pour s'y retrouver dans la profusion de l'offre et de ses désirs touffus, le Lecteur a besoin de repères.

Même s'il est parfois maigre, la seule existence d'un rayon poésie est la preuve en acte de la résistance vitaliste de ce secteur. C'est aussi le meilleur moyen d'en assurer l'extension naturelle car on découvre souvent un nouvel auteur par un naturel voisinage de rayonnage ? On cherche les "Histoires" de Prévert et on ouvre les "Fragments du choeur" de Marcelin Pleynet, par la simple grâce de l'alphabet. La bonne nouvelle pour les vivants, c'est que dès qu'un rayon poésie existe, il est rare que ne s'y cachent quelques poètes contemporains.

Ni spectacle...

De même, ce n'est pas parce que la poésie peut être lue en public, voire mise en scène, qu'elle doit être engloutie dans l'ample espace du spectacle, non plus que dans le champs du théâtre qui lui aussi a droit à son aire spécifique. Bien sûr Shakespeare est un poète et pas seulement dans ses Sonnets ou dans ses poèmes épiques ou lyriques, bien sûr Jean-Pierre Verheggen dit par Jacques Bonnaffé est délectable aux oreilles mais une mise en scène n'est que l'une des multiples interprétations qu'ouvre la densité d'imaginaire d'un poème. Il n'est pas nécessaire de "monter" Anabase de Saint-John Perse ou Poèmes de la presqu'île de Michel Deguy pour les goûter. Le livre se suffit. 

C'est pourquoi, de même que l'endroit où l'on voit des films s'appelle un cinéma, il faut des lieux spécifiques dont le nom soit Maison de la poésie ou Maison de poésie. Ceci afin que chacun s'y retrouve, à commencer par le public. On peut, si l'on est facétieux, parler de Cabane de poésie mais l'idée d'une demeure attachée à ce genre doit s'imposer. Là encore, c'est une question d'affirmation. Sans tomber dans un forme de nominalisme, on sait à quel point le mot crée la chose. Et justement Marcelin Pleynet dans "Fragments du choeur, vers et proses" (p. 97, éd. L'infini / Denoël 1984) affirme : 
"Du nom des choses, de la mission baptismale de la pensée." 

Parlons chiffres clairs

Cette autonomie du secteur de la poésie est singulièrement nécessaire dans les outils permettant de mesurer sa présence.
Il est assez peu efficace, et donc compréhensible, voire acceptable, que certains chiffres émanant des structures professionnelles mêlent indistinctement théâtre et poésie au motif que les volumes étant faibles cela aurait peu de sens de les dissocier. Bien au contraire !

Il y a dans cette pratique une courte logique comptable. Elle est bien compréhensible si l'on ne s'intéresse qu'aux quantités et donc aux plus gros volumes, mais c'est une aporie et même une absurdité dès lors que l'on prend en compte la valeur immatérielle, le capital incommensurable, la qualité.
En passant, et afin de ne pas se laisser enfermer dans un faux débat sur la qualité qui, pour ceux que cela arrange, serait toujours "discutable" ou "subjective", posons immédiatement avec force que non ! la qualité d'un Apollinaire n'est pas comparable avec celle d'un livre de cuisine. C'est comme ça.

Le mélange fréquent des chiffres de diffusion des secteurs de la poésie et du théâtre - ainsi stigmatisés ipso facto comme des sous-secteurs - rend ces données non seulement vides de sens mais inexploitables et donc inutiles. Surtout quand on passe de l'analyse statique à l'étude dynamique. Comment mesurer l'évolution d'un secteur avec des chiffres globalisant deux secteurs ?
D'autre part, comment évaluer l'efficacité de telle ou telle action spécifique ? Comment savoir si une initiative pour mettre en avant une nouvelle variété de poires a été efficace si on ne dispose que du chiffre global poires + pommes ? Absurde...

Tout ce qui est dit ici nous semble d'ailleurs vrai aussi pour l'autre partie du "couple" théâtre/poésie. Tous deux devraient joindre leurs efforts pour que cesse cette mauvaise pratique. Le théâtre, lui aussi, ne peut que souffrir de cet amalgame. 

Pour toutes ces raisons de simple bon sens, la commission "Etat des lieux / Chiffres" de l'Union des Poètes et Cie s'est attachée à ce point prioritaire dès la création de l'association en décembre 2012. Sans données détaillées, on ne peut trouver dans les chiffres aucune aide sérieuse, aucun outil de décision et les bonnes volontés sont condamnées à tourner en rond en répétant indéfiniment un discours de lamentation inutile et démotivant comme dans un film de Guy Debord : 
"In girum imus nocte et consumimur igni."
(Nous tournons en rond dans la nuit et nous consumons dans les flammes)
Ces derniers mois de travail de défrichage, de prises de contact, d'organisation, de construction des questions ne nous font espérer aucun miracle, quoi que.... 

Tout comme l'avait fait Bruno Grégoire dans son ouvrage "Poésies aujourd'hui" publié en 1990 chez Seghers, il est toujours utile de ratisser régulièrement la plage après la marée, d'ouvrir les mains et de regarder ce que l'on a dedans. Ne serait-ce que pour ensuite fourbir les armes de la poésie

                                                                               Dominique Guillerm
                        

Nota bene : Ce texte n'engage pas l'Union des Poètes et Cie. Il a pour seul objectif de nourrir les réflexions collectives en cours. Réflexions que nous poursuivrons lors de la 3e réunion plénière du vendredi 7 Juin 2013 de 19h à 20h30 à la Salle des Expositions (1er étage) de la Mairie du 2ème ardt, 8, rue de la Banque, 75002 Paris. 
Ordre du jour complet consultable sur la page Facebook de l'associationEn voici un extrait : 
  • Synthèse des actions réalisées
  • Présence au Marché de la poésie
  • Intervention à la Maison de la poésie 
  • Synthèse des travaux des commissions
  • Échanges sur le projet : Le livre pratique du poète
  • Les conditions de l’édition poétique : vers un contrat type ?
  • Conditions de l’édition numérique
  • Conditions pour les interventions et animations poétiques
  • Actions à envisager...

dimanche 12 mai 2013

De la poésie dans les journaux étrangers !?!


Une petite expérience de médiologie amusante : et si nous recensions ici les journaux étrangers qui publient de la poésie ou font état des publications de poésie contemporaine ? 

Ainsi, en Allemagne...

Dans le dernier numéro de la revue en ligne Recours au Poème, on trouve cette information de Pascale Trück dans son article sur le numéro d'avril 2013 de la revue Europe : sur Sebald et Tranströmer.
" Renaud Ego est l’un des rares en France (avec son fidèle éditeur, le Castor astral, et son traducteur Jacques Outin) qui connaissaient déjà l’auteur suédois avant son prix Nobel. On lui doit la postface à l’édition desŒuvres complètes (Le Castor astral, 1996 ; Poésie / Gallimard, 2004). Il explique ainsi – non sans humour – notre ignorance : « la poésie n’a plus aucune place dans la presse où elle est reléguée au rang d’aimable curiosité ou de survivance archaïque comme le sont la charrette à bras et la danse bigoudène », avant de citer quelques phrases de journalistes – et là, cela devient moins drôle. Ces dernières rappellent les sarcasmes lus ici et là quand le Nobel fut décerné à Herta Müller, en 2009. (...) "
" Les choses sont bien différentes dans les mondes anglo-saxon et germanique. En Allemagne, les grands quotidiens donnent à lire chaque semaine des textes de poètes contemporains, quand les nôtres ne se souviennent du mot « poésie » qu’à l’occasion de la parution de quelques pages de Michel Houellebecq. "
A la manière 2.0, cet article est une ébauche, un commencement, une invitation à vous tous que la poésie ne laisse pas indifférents, un appel à le continuer, soit sur vos blogs et sites, soit sur Facebook, soit à nous envoyer vos informations brutes que nous mettrons en forme afin de l'enrichir. 

Un pour tous comme disait l'autre, à nous de jouer. 

Via ce lien, vous accédez à la traduction en allemand de cet article par Eva Marie Berg, membre de l'Union des Poètes et Cie.

mardi 7 mai 2013

Lettre ouverte au magazine CAUSEUR


De la poésie dans Causeur ?
Monsieur le Directeur de la publication, 
Mme la Directrice de la Rédaction, 

Serez-vous les premiers à (r)ouvrir vos colonnes à la poésie ?

L’écriture, et singulièrement la poésie, oblige à s'éloigner du quotidien tous les jours. Alors on vient seulement de découvrir votre magazine, un mois après sa sortie. Pas facilement d’ailleurs ! Il aura fallu visiter trois kiosques car votre numéro daté d’avril 2013 semble s’être bien vendu. Après lecture, reconnaissons que c’est mérité. 

Recherché pour l’interview du philosophe Marcel GAUCHET - qu’avait signalée Brice COUTURIER sur Facebook – votre magazine nous a paru pertinent et équilibré dans son regard multi facettes. Bravo pour votre dossier sur le Nouveau désordre moral qui appelle, en creux, à plus de poésie.

Or, quand on lit plus de poésie, notamment contemporaine, que de romans, on en vient à se poser la question suivante : allez-vous être parmi les premiers à (r)ouvrir vos colonnes à la critique/chronique régulière des productions des poètes ? Dans ce N°1 en tout cas, hélas, pas un mot sur la poésie.

Vitalité des poètes dans l’Union
A l’occasion du dernier Printemps des Poètes qui fut un succès historique, tant en nombre de manifestations qu’en fréquentation, on a pu mesurer un renversement : celui qui est à l’œuvre aujourd'hui dans le regard que les media portent sur la poésie. Certains supports grand public, y compris des radios et télévisions nationales, commencent à prendre la mesure du regain de désir dont elle bénéficie. 

La fameuse « Une » de Libération avec Michel HOUELLEBECQ ne sort pas de nulle part... Ce n’est pas un coup d’édition, c’est une conséquence. Que l’on n’aime ou pas Houellebecq, que l’on n’aime ou pas sa poésie, cela prouve surtout que quelque chose a bougé, comme décrit ici. 
Dans une société agressée par le consumérisme, la guerre économique et la dictature de l’audimat, ils (les gens) sont de plus en plus nombreux à regarder ailleurs, à rechercher du bonheur là où il est intrinsèquement : dans l’art, et de manière concentrée, dans la poésie.

Parmi les centaines de définitions de la poésie, celle de Caroline SAGOT-DUVAUROUX est l’une des plus justes et enthousiasmantes : « La poésie, c'est toujours autre chose ».
Ecourtons la démonstration ici, vous avez compris le propos. D’ailleurs, je me permets de vous proposer une rencontre avec notre association, l'Union des Poètes et Cie.

Jeune, puisque créée fin 2012 sous la pression des événements (Réforme du CNL, changement de direction à la Maison de la Poésie de Paris, menaces sur le Printemps des Poètes…), elle est l'héritière « officielle » - et en tout cas reconnue - de l'Union des Ecrivains fondée en mai 1968 par Jean-Pierre FAYE, Michel BUTOR, Nathalie SARRAUTE entre autres, dont elle a officiellement pris le relais.

 Diverses commissions spécifiques ont déjà commencé à travailler sur des sujets techniques qui recoupent d’ailleurs certains domaines couverts par la mission LESCURE ("concertation sur les contenus culturels et pratiques numériques") dans le cadre de l’Acte II de l’exception culturelle engagée par la ministre de la culture Aurélie FILIPPETTI.

Il y a moins d’un mois, le 13 avril 2013, Jérôme LEROY, le rédacteur en chef culture de votre magazine, écrivait très justement : « Et si nous cessions d'avoir peur de la poésie contemporaine ? ». Il a raison... Nous nous joignons à sa suggestion et sommes prêts à vous apporter toute l’aide concrète que vous voudrez pour la mettre en pratique.

Voyons-nous par exemple, quand vous voudrez. Mardi ?
Bien à vous. 

Dominique GUILLERM,
Animateur de la commission Etat des lieux de l’Union des Poètes et Cie