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Ce blog est le petit frère de notre site disparu et un peu reconstitué ici.
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dimanche 12 mai 2013

De la poésie dans les journaux étrangers !?!


Une petite expérience de médiologie amusante : et si nous recensions ici les journaux étrangers qui publient de la poésie ou font état des publications de poésie contemporaine ? 

Ainsi, en Allemagne...

Dans le dernier numéro de la revue en ligne Recours au Poème, on trouve cette information de Pascale Trück dans son article sur le numéro d'avril 2013 de la revue Europe : sur Sebald et Tranströmer.
" Renaud Ego est l’un des rares en France (avec son fidèle éditeur, le Castor astral, et son traducteur Jacques Outin) qui connaissaient déjà l’auteur suédois avant son prix Nobel. On lui doit la postface à l’édition desŒuvres complètes (Le Castor astral, 1996 ; Poésie / Gallimard, 2004). Il explique ainsi – non sans humour – notre ignorance : « la poésie n’a plus aucune place dans la presse où elle est reléguée au rang d’aimable curiosité ou de survivance archaïque comme le sont la charrette à bras et la danse bigoudène », avant de citer quelques phrases de journalistes – et là, cela devient moins drôle. Ces dernières rappellent les sarcasmes lus ici et là quand le Nobel fut décerné à Herta Müller, en 2009. (...) "
" Les choses sont bien différentes dans les mondes anglo-saxon et germanique. En Allemagne, les grands quotidiens donnent à lire chaque semaine des textes de poètes contemporains, quand les nôtres ne se souviennent du mot « poésie » qu’à l’occasion de la parution de quelques pages de Michel Houellebecq. "
A la manière 2.0, cet article est une ébauche, un commencement, une invitation à vous tous que la poésie ne laisse pas indifférents, un appel à le continuer, soit sur vos blogs et sites, soit sur Facebook, soit à nous envoyer vos informations brutes que nous mettrons en forme afin de l'enrichir. 

Un pour tous comme disait l'autre, à nous de jouer. 

Via ce lien, vous accédez à la traduction en allemand de cet article par Eva Marie Berg, membre de l'Union des Poètes et Cie.

mardi 7 mai 2013

Lettre ouverte au magazine CAUSEUR


De la poésie dans Causeur ?
Monsieur le Directeur de la publication, 
Mme la Directrice de la Rédaction, 

Serez-vous les premiers à (r)ouvrir vos colonnes à la poésie ?

L’écriture, et singulièrement la poésie, oblige à s'éloigner du quotidien tous les jours. Alors on vient seulement de découvrir votre magazine, un mois après sa sortie. Pas facilement d’ailleurs ! Il aura fallu visiter trois kiosques car votre numéro daté d’avril 2013 semble s’être bien vendu. Après lecture, reconnaissons que c’est mérité. 

Recherché pour l’interview du philosophe Marcel GAUCHET - qu’avait signalée Brice COUTURIER sur Facebook – votre magazine nous a paru pertinent et équilibré dans son regard multi facettes. Bravo pour votre dossier sur le Nouveau désordre moral qui appelle, en creux, à plus de poésie.

Or, quand on lit plus de poésie, notamment contemporaine, que de romans, on en vient à se poser la question suivante : allez-vous être parmi les premiers à (r)ouvrir vos colonnes à la critique/chronique régulière des productions des poètes ? Dans ce N°1 en tout cas, hélas, pas un mot sur la poésie.

Vitalité des poètes dans l’Union
A l’occasion du dernier Printemps des Poètes qui fut un succès historique, tant en nombre de manifestations qu’en fréquentation, on a pu mesurer un renversement : celui qui est à l’œuvre aujourd'hui dans le regard que les media portent sur la poésie. Certains supports grand public, y compris des radios et télévisions nationales, commencent à prendre la mesure du regain de désir dont elle bénéficie. 

La fameuse « Une » de Libération avec Michel HOUELLEBECQ ne sort pas de nulle part... Ce n’est pas un coup d’édition, c’est une conséquence. Que l’on n’aime ou pas Houellebecq, que l’on n’aime ou pas sa poésie, cela prouve surtout que quelque chose a bougé, comme décrit ici. 
Dans une société agressée par le consumérisme, la guerre économique et la dictature de l’audimat, ils (les gens) sont de plus en plus nombreux à regarder ailleurs, à rechercher du bonheur là où il est intrinsèquement : dans l’art, et de manière concentrée, dans la poésie.

Parmi les centaines de définitions de la poésie, celle de Caroline SAGOT-DUVAUROUX est l’une des plus justes et enthousiasmantes : « La poésie, c'est toujours autre chose ».
Ecourtons la démonstration ici, vous avez compris le propos. D’ailleurs, je me permets de vous proposer une rencontre avec notre association, l'Union des Poètes et Cie.

Jeune, puisque créée fin 2012 sous la pression des événements (Réforme du CNL, changement de direction à la Maison de la Poésie de Paris, menaces sur le Printemps des Poètes…), elle est l'héritière « officielle » - et en tout cas reconnue - de l'Union des Ecrivains fondée en mai 1968 par Jean-Pierre FAYE, Michel BUTOR, Nathalie SARRAUTE entre autres, dont elle a officiellement pris le relais.

 Diverses commissions spécifiques ont déjà commencé à travailler sur des sujets techniques qui recoupent d’ailleurs certains domaines couverts par la mission LESCURE ("concertation sur les contenus culturels et pratiques numériques") dans le cadre de l’Acte II de l’exception culturelle engagée par la ministre de la culture Aurélie FILIPPETTI.

Il y a moins d’un mois, le 13 avril 2013, Jérôme LEROY, le rédacteur en chef culture de votre magazine, écrivait très justement : « Et si nous cessions d'avoir peur de la poésie contemporaine ? ». Il a raison... Nous nous joignons à sa suggestion et sommes prêts à vous apporter toute l’aide concrète que vous voudrez pour la mettre en pratique.

Voyons-nous par exemple, quand vous voudrez. Mardi ?
Bien à vous. 

Dominique GUILLERM,
Animateur de la commission Etat des lieux de l’Union des Poètes et Cie

mardi 2 avril 2013

Avec Houellebecq la poésie fait la Une de Libé

La "Une" de Libération du mardi 2 avril 2013

La poésie est-elle en train de se dévêtir dans la perception des media de son vieux manteau de passéisme un peu ringard ?


Cette fois, ce n'est plus nous - forcément suspects de partialité vu le titre de notre blog - qui le disons, c'est Libé, le nécessaire porte-voix des rebelles, des héritiers de Mai 68, d'Actuel et des Inrockuptibles, l'arbitre des élégances toujours en avance, le media fureteur qui a dans ses gênes le sens du contre-courant avant-gardiste... Pléonasmes ? tant pis. 

"Le monde n'est plus digne de la poésie". Libération l'écrit en toutes lettres, et en fait le gros titre de sa "Une". Plus qu'un titre, c'est un splendide vers de poète contemporain de toutes les époques... Quoi qu'on en dise avant de l'avoir lu, Houellebecq est poète, physiquement, il écrit et publie de la poésie. Et depuis longtemps. Avec sa tête, avec ses rêves souvent gris, avec ses mains et avec du papier. 

Ceux qui l'avaient entendu il y a peu de semaines, le 6 janvier exactement, sur France Culture dans la belle émission de Sophie Nauleau "Ca rime à quoi" le savaient. Mais ceux qui n'ont pas suivi tous les méandres de la carrière souvent bruyante de cet écrivain qui a commencé par la poésie et ne cesse de la pratiquer, sauf lorsqu'il écrit des romans, pourront y voir une sorte d'aveu stupéfiant, de révélation, de coming out comme on dit en français assiégé d'aujourd'hui.

Derrière cette "Une" claironnante, porte-drapeau manifeste pas vraiment à l'avantage du monde, s'égrènent quatre (oui 4 !) pages où la timide se voit tresser des guirlandes de pampres et d'acacia, un triomphe avec couronnes de laurier et gloires de béatitudes en étendard. Guère habituée, la poésie ne sait plus où se mettre; le soir elle doit encore chercher une violette où se cacher.

Le vers de la "Une" prend d'ailleurs un autre relief lorsqu'il est lu dans le fil de l'interview de Sylvain Bourmeau qui ouvre ces pages : "Je pourrais (...) dire - sèchement - que le monde n'est plus digne de la poésie. Si l'on veut être optimiste, on peut penser que le temps du roman n'est pas terminé. (...) ça ménage l'idée d'un retour à des temps plus favorables pour la poésie."

Douceur agréable à l'œil que ces paragraphes où Houellebecq dit comment il aime Verlaine, Apollinaire et Aragon. Et les cite avec une gourmandise de vieil habitué : "Dans le vieux parc solitaire et glacé / Deux formes ont tout à l'heure passé." Dommage quand même que de son propre aveu il s'arrête à Mallarmé et Apollinaire, avec une exception pour Aragon.




Populaire ?

Avec dans ce numéro de Libé un total de quatre articles, dont deux d'Eric Loret s'attachent davantage au style et à l'inspiration de l'auteur, il importe aussi de signaler une ébauche d'hypothèse de prophétie, hasardée sous la plume de Nicolas Demorand : "(la poésie) cet usage si particulier de la langue peut redevenir populaire. Populaire au beau sens du terme. Populaire si l'on ose s'en saisir la plume à la main, sans avoir peur ou honte de mettre son coeur à nu." (On peut lire la suite dans l'éditorial ci-dessous).

Dans son édito, Nicolas Demorand rend aussi hommage
à l'école, au Livre de Poche, aux vers appris par coeur... 
 
 
Du recueil lui-même "Configuration du dernier rivage" (Flammarion), on ne pourra pas dire grand chose encore ici, ne l'ayant pas lu puisqu'il sort le 17 avril. Ce qui ne nous empêchera pas, même s'il ne nous plaît pas, de nous féliciter de sa publication.