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lundi 5 mars 2012

Amis de la poésie, bonjour - Le groupe

Dans tout désert, fut-il de sable ou de béton, quelques uns se retrouvent autour du feu. Le feu des yeux qui pétillent en écoutant une chanson, une histoire, un poème. Notre groupe « Amis de la poésie, bonjour ! » est né ainsi sur Facebook, il y a un peu plus d'un mois.


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La poésie ! On en lit, on en dit.
On y songe chacun dans son coin.
Parfois, on réussit à en faire.
C'est un art de solitaire paradoxal, toujours assoiffé de partager
découvertes, interrogations, recherches, enthousiasmes...

Alors on en vient un jour à se demander si la rapidité des échanges du Net ne pourrait être une chance d'étendre le voile bénéfique de cette Maya-là. Et si une poésie libre, fluide, spontanée mais réfléchie, travaillée, et pourquoi pas érudite, n’aurait pas sa possibilité d’existence ici.

En janvier dernier, avec quelques très proches amis, on a créé un petit groupe sur Facebook. On l’a baptisé « Amis de la poésie, bonjour ! » en hommage affiché au poète et passeur Jean-Pierre Rosnay qui en avait fait sa signature à la radio et à la télévision. Nous sommes aujourd'hui un peu moins de cent dans ce groupe multiculturel fait de Japonais, d'Allemands, de Portugais, d'Italiens, d'Espagnols, de Bretons, de Brésiliens... et même de plusieurs Français.
Les échanges y sont un enchantement permanent. Divers, ouverts, et surtout généreux car animés par le désir de partage plus que par la soif égocentrique de "s'exprimer".

Comme dans tout jeu qui se respecte quelques règles très simples ont été posées, qui semblent bien fonctionner.  

La règle du jeu du groupe
"Amis de la poésie, bonjour !"
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On ne sait ce que l’avenir fera de cet enfant mais pour l’instant, franchement, il fait notre joie. Sans le savoir, c’est peut-être à quoi on avait pensé en lançant ce blog "ARMES secrètes de la POESIE" et en se demandant, comme un manifeste :  Pourquoi des armes ?

AxoDom

mercredi 25 janvier 2012

Bibliothèques polémiques

A l'évidence, l'Internet bouleverse la lecture tout comme l'écriture. Heureusement préservée à l'écart du bruit littéraire, la poésie a fort à gagner au Net et à ses oeuvres.
La bibliothèque idéale ?
Dans un article intéressant malgré ses excès polémiques, "Les écrivains malades du Net", Laurent Margantin sur son blog Carnets d'Outre-Web oppose les écrivains publiés (arrivés, reconnus, etc) et les "plébéiens du Net". Il oppose aussi la "bibliothèque de famille bourgeoise", antre de paix confortable sinon luxueux, à l'accès numérique ouvert à tous. Si l'on passe sur les attaques ad hominem contre Yann Moix et Frédéric Beigbeder que chacun est libre d'apprécier ou non, les questions soulevées sont intéressantes mais...

Pascal disait avec justesse que "le contraire d'une vérité profonde, c’est une autre vérité profonde".

Ainsi, opposer la beauté d'une bibliothèque de livres de papier à l'efficacité de l'accès numérique n'a guère de sens, sauf à reconnaître que la première est plus belle et la seconde plus efficace, et encore... Ayons la sagesse de nous réjouir de pouvoir aujourd'hui profiter des deux; nos successeurs n'auront peut-être pas ce privilège quoi que sans doute ils en auront d'autres.

D'autre part, qu'elle soit de bois ou d'octets, chaque bibliothèque est un labyrinthe qui nous remémore Jorge Luis Borges. Dans un bel article du Monde Diplomatique d'avril 2010, Alberto Manguel, justement spécialiste de Borges, jouait avec l'idée que les lectures successives d'un même livre créent en nous une bibliothèque virtuelle, une sorte d'étiquetage personnel.
"Mais mes propres Don Quichotte, ceux qui correspondent à chacune de mes lectures différentes, ceux qui ont été inventés par ma mémoire et édités par mon oubli, ne peuvent trouver une place que dans l’esprit de mon lecteur." 
Tout joue dans ces souvenirs de lectures et notamment l'objet, le papier, le vent qui pousse les pages... toutes choses difficiles à retrouver sur un écran. En revanche, la richesse des découvertes que le Net permet aujourd'hui à bas coûts est incommensurable. Toute la meilleure poésie du monde est au bout de nos doigts, offerte à notre curiosité.

La liberté de "L'âge de l'accès", préfigurée par Jeremy Rifkin il y a 10 ans, a aujourd'hui le paradoxale et délectable résultat d'aider à la redécouverte de la poésie par les lecteurs eux-mêmes puisque les "grands médias" l'ont exclue de leurs colonnes depuis des lustres. Le nombre de clics sur le nom de Tomas Tranströmer encore inconnu la veille de son prix Nobel est... émouvant.

Et le débat commence à peine...