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Ce blog est le petit frère de notre site disparu et un peu reconstitué ici.
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samedi 4 juin 2022

Allons donc aux nouvelles !

 

D'un pas décidé, allons donc aux nouvelles...

Il a un peu plu ces derniers jours et une drôle d’espèce est sortie de terre : des éditeurs de nouvelles et de récits courts.
Dans un monde où le salut est dans la spécialisation, cela aussi existe, tout comme les testeurs de déodorant et les pousseurs de passagers de métro.

Certes peu nombreux et invisibles des médias mais énergiques et tenaces, ils s'appellent #RueSaintAmbroise, #Malpertuis, #Jasmin, #Lunatique, #Quadrature, #TriArtis, #Pneumatiques, #PauletMike, #LaChambredechos...

Isabelle Taillandier, créatrice des #editionsdeLaReineBlanche, est de cette tribu bizarre. Elle a pris l'initiative de réunir une petite dizaine de ses coreligionnaires hier samedi 4 juin 2022 et demain encore de 10 à 18h à la mairie du Vésinet pour un salon du livre assorti de quelques lectures.


Entre deux gouttes de pluie, vous pourriez découvrir ces curieux animaux et leurs productions variées (fantastique, polar, énigmatique, classique, avant-garde...) à la salle Utrillo et dans les sous-sols profonds de la mairie (60, Bd Carnot, Le Vésinet).
Isabelle Cousteil lit, émue, sa nouvelle "Passagères" (ed. #TriArtis) devant notamment
Roxane Duboz, qui l'a précédée avec un extrait de sa première publication "Les voisins" (Editions 
#LaReineBlanche), attentive comme un auteur peut l'être devant un autre.



Et si en repartant avec quelques recueils de nouvelles vous trouvez le terrain glissant, dites vous que tout ce que vous risquez c'est une bonne chute.

Quel rapport avec la poésie direz-vous peut-être, finauds que vous êtes ? Eh bien, la littérature est une et indivisible comme la République et, de plus, nombre de ces éditeurs-là publient aussi de la poésie. Sans compter Baudelaire et Edgar Poe, raisons majeures et souterraines...

jeudi 7 novembre 2013

Landivizio, blasonnée "Ville en Poésie"



Malgré les honteuses coupes budgétaires perpétrées avec une constance politique par un ministère de l'Education pourtant Nationale, l'association Le Printemps des Poètes continue, inlassablement, de penser que la société des hommes "est un temple où de vivants piliers / laissent parfois sortir de confuses paroles" qui aident à vivre mieux. 
Vivre mieux... pourtant l'universel besoin. Et presque le seul, dans "l'expansion des choses infinies" qui nous bousculent sans cesse, et qui bouclent les "Correspondances" de Baudelaire. 
Peu importe. Tant qu'un souffle nous agite, nous nous en allerons répétant, aveugles et sourds mais pas muets :
Toujours sur le métier remettons notre ouvrage
tenace et lourde charge de dur poison
quelqu'un des cols entendra le cri de rage
l’hurlé qui arrache la gorge et l’explosion 
de la poésie de la vie simple aveugle aux chiffrages
de la raison du concept et de ses tisons 
et la force faible et obstinée, qui surnage.

La question poétique

Question aux temps actuels : dans l'agitation politicienne qui s'en vient comme une habitude de marée, quel parti s'emparera - enfin ! - de la question poétique ?

Roland Nadaus, poète et lui-même responsable politique, qui sait donc doublement de quoi il parle, nous exhortait lors d'une réunion de l'Union des Poètes à aller voir les divers candidats pour le leur suggérer... (Lire le verbatim de cette réunion du 5 décembre 2012 ici). 

En attendant, Landivisiau est la 8e "Ville en poésie" de Bretagne sur un total de 46 cités labellisées par l'association (voir ici la liste complète des Villes et villages en poésie sur le site du Printemps des Poètes).
Les Bretons savent défendre ce qui compte.


Actualisation décembre 2017

Landivizio a mis la poésie "au coeur de sa politique culturelle" peut-on lire ici dans Ouest-France :  https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/landivisiau-la-ville-va-vivre-au-rythme-de-la-poesie-5385391

mercredi 21 décembre 2011

Visions de Silvia

Ceci n'est pas une critique de disque ou de spectacle. Enfin, pas vraiment. C'est un rien, dirait Proust, une rêverie...

La « Vaga Luna » de Silvia Malagugini enchante. 
Le spectacle, comme le disque, est profond et poétique.

Si les mots n’étaient traîtres, on dirait que ce disque mêle musique savante et traditionnelle. Mais si c’est pour perdre la moitié des lecteurs dès les premiers mots, alors ce n’est pas la peine de dire la vérité. 
Commençons plutôt par une rêverie. Celle dans laquelle ce spectacle puis ce disque nous ont plongés et longtemps laissés...


Voici les chants d’une autre Italie !
Pas celle de la télévision bénie
par Berlusconi et les Benetton’boys
pas même celle de l’opera seria
pas celle des couchers de soleil en rose
mais celle du cœur d'un ancien lit…
Quella del cuore di un antico letto

Celle d’un passé de brume magnificent
dont l’art est le faste, la pompe et la richesse
celle qui, à des oreilles françaises, instille cette suave nostalgie
qui passe par le coussinet de douceur caché sous le pavillon. 
Imaginez un moelleux divan minuscule, tapi là
où l’on s’étend comme chez Baudelaire où :
« Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds, comme des tombeaux »


Vaga Luna, le disque

C’est sûrement sur un tel divan qu’une amoureuse alanguie chante à la lune cet air de Bellini, « Vaga Luna », par où commence le disque : « Lune vague (...) Dis-lui que du matin au soir je compte les heures de ma douleur ».

Cet air est immédiatement suivi d’un traditionnel d’Emilie Romagne « O Mama mia marideme » où les envies de mariage de la jeune fille, vainement rabattues par la sagesse de la mère (« ma fille, la femme mariée est une vraie prisonnière ! »), voient triompher l’éternel immoralisme hilare et dionysiaque de la jeunesse (« si mes enfants pleurent, je les chasserai du lit et je serai heureuse avec mon mari ! »). Cet arrangement simplissime avec la seule guitare de Maurizio RINALDI, est un tube !!!

N’ayons pas peur des mots - après tout ils sont à notre service pour exprimer nos sentiments, non ? Pourquoi, c’est un tube ? Parce qu’après deux écoutes, il ne vous lâche plus pendant trois jours. C’est…
La joyeuse ritournelle qui s’ancre
au pli de la mémoire inconsciente,
celle qui chantonne cet air en vous à toute
heure et ne veut plus s’en aller du tout.

Puis, on passe à un dur chant de travailleur du Lazio (SO STAT’A LAORA’) qui est de toutes les époques, avant que Girolamo Frescobaldi, grand patron de l’orgue de la basilique St Pierre pendant toute la première moitié du XVIIe siècle, nous balade sur une histoire de rose toute joyeuse au printemps (SE L’AURA SPIRA).

On recule ensuite jusqu’au XIIIe siècle, avec ce poignant VOI CHE AMATE (Laudario di Cortona) où "Marie au cœur triste, qui a pour fils le Christ" voit ses cheveux "tressés de sang écarlate, qui coule jusqu’à la bouche". Indépendamment de toute croyance, c’est bouleversant.

Là, on a le droit de penser à Jean Chuzeville qui a écrit : « La poésie d’un peuple est sans doute la révélation la plus complète, à la fois personnelle et commune, de sa manière de sentir. » (Anthologie de la poésie italienne, Ed. d’Histoire et d’Art/Plon, 1959).

Vient alors un cinglant message post-mortem de qui n’est plus à celui qui lui a refusé son aide de son vivant (NON T’ACCOSTARE ALL’URNA (de I. Vittorelli - G.Verdi, XIXe siècle). Et puis, c’est LAURETTA, un chant traditionnel de Lombardie, le deuxième tube de cette galette magique. 

On pourrait continuer à égrener ces 18 morceaux, traditionnels légers ou graves, de Toscane, de Sicile, des Abruzzes… ces airs de Scarlatti, de Verdi, de Haendel… l’ensemble trouvant son unité dans le son pur et la maitrise calme du guitariste et les entrechats vocaux de la chanteuse.

En pourpres douceur de riches velours anciens
comme ces tapisseries de brocart des siècles révolus
où des Doges déchus continuent
de régenter jusqu’aux horloges.

Vaga Luna, sur scène

Divisé en thèmes distincts : Le deuil, La jeunesse emplie de promesses, L'orage amoureux, Les femmes se rebiffent… le spectacle développe d’autres charmes. Et d’abord celui de la belle complicité entre la Guitare et la Voix.

Les poings aux hanches, comme une jolie harengère distinguée haranguant le passant, la Voix créé l’espace par son souffle, son sourire, un mouvement de la hanche ou du poignet.

Parfois, dans le petit cadre noir de l’Espace Kiron à Paris où on l'a vue en octobre, les mains de la Voix jouent du lutrin, l’un des seuls accessoires présents dans cette mise en scène de Caterina Mattea, sobre et cohérente avec le propos. Puissante et multi-suggestive, telle est la voix de ce petit bout de femme brune en noir et rouge qui tourne autour des notes comme une abeille autour d’un rosier en plein été.

Selon que l’on comprend l’italien ou qu’on se contente d’en aimer la musique, on voit pêle-mêle soit ce que disent les chansons, soit des images de Giotto ou de Masaccio, des masques de Venise, des plans du bal du «  guépard » de Visconti, des réminiscences de Dante, du Tasse…

Voilà, ce qui me reste de ces visions de Silvia. Sans doute hantées par les « Visions of Johana » de Bob Dylan :

Inside the museums, infinity goes up on trial
Dans les musées, l'infini passe en jugement
Voices echo this is what salvation must be like after a while
A la fin, le salut ne devrait être que l’écho des voix
But mona lisa musta had the highway blues
Mais Mona Lisa devait avoir le blues de la route
You can tell by the way she smiles
Il n’y a qu’à voir comment elle sourit. (...)
And these visions of Johanna are now all that remain.
Et ces visions de Johanna sont maintenant tout ce qui reste.


Et maintenant, en écrivant, mon âme déroule ici
les souvenirs de cette belle soirée
comme un fabriquant de tapis déroule réjoui
ses plus belles pièces pour le visiteur attiré
par le souvenir d’une couleur ou d’une douceur
sous les doigts, un soir où avec son amie ils avaient dormi
à même le sol de ce palais où ils s’étaient réfugiés
dans la notte du carnaval d’une ville d’Italie.

AxoDom Guillerm


 Disque « Vaga Luna » de Silvia Malagugini  & Maurizio Rinaldi (Buda Musique). Joli livret en italien, français, et anglais. 

Une première version de ce texte a été d'abord publiée dans le N° 13 (décembre-Janvier 2012) de la revue Franco-Italienne FOCUS-IN et sur son site. 


jeudi 7 juillet 2011

Pourquoi des ARMES ?

Ce que l'on trouvera sur ce blog : les armes secrètes de la poésie !



Quelles armes ? 

Toutes ! Pas de quartiers. Des plus simples (le cri, la plainte, l'élégie, le reproche, le moyen de transport et d'évasion, le verbe haut...) aux plus acérées (la flèche du Parthe, celle de Cupidon... et d'une façon générale la révélation verticale de vérités virulentes et suaves comme la beauté). 


Comment ? 

Par le simple pouvoir de la parole écrite, sans bruit, suprême



Pourquoi ? 

Parce que, bien sûr, la poésie n'a pas dans ce monde la place qu'elle devrait. 

" Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c'est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot." (Ossip Mandelstam)
Et aussi pour revendiquer l'autonomie de la poésie. La poésie est un genre en soi, elle n'est ni un sous-rayon de la littérature, ni une petite cousine du théâtre et encore moins une sorte de chanson sans musique. 

Quoi ? 

Ici, donc, des informations, des analyses, des critiques sur la marche contemporaine de la poésie. Qui fait quoi, comment, pourquoi, avec quels moyens ? 



Les dieux lares de notre maison ? 

De Cortazar bien sûr ("Armas secretas"...) à Pasolini ("Avec les armes de la poésie"...), nos ombres tutélaires sont innombrables. Tous derrière nous, en rangs solides, ils sont notre armée secrète.

Quelques invités permanents :

  • Rimbaudelaire de Vigny
  • Nazim Ben Siméon
  • St-John Shakesperse
  • Cassou Guillevic
  • Properce di Juarroz
  • Bobin de Goffette-Noiret 
  • Bosquet de la Verlaine
  • Apollinaire del Foscolo
  • et maints Roubautres dans un constant effort de Bonnefoy.
AxoDom & Gil Minorque-Meilud

NB : Ce blog est le petit frère de notre site internet @Axo&DomGuillerm