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samedi 24 septembre 2022

<< dans l'Air insensible >> (EXPOésie)


Journées Portes ouvertes 2022
Depuis la fin du dernier confinement, et un peu dans l’angoisse du prochain, on voyait bien que tout le monde avait envie de sortir. Les artistes aussi avaient soif, encore plus que d’habitude, d’ouvrir leurs ateliers et de retrouver les pas timides ou décidés des visiteurs du samedi et du dimanche.

Pour notre part, mon frère et moi avons exposé nos boîtes-à-poèmes, à même la rue, et selon un dispositif ultra-léger, <<dans l'Air insensible>>.

Un simple fil vert de jardinage permettait d’accrocher les boîtes à de longues perches-branches, les laissant doucement nager dans le vent à la hauteur des yeux des passants. 


Cinq poèmes sur boîtes argyriques.

Un cartel rouge pivoine en mode d’emploi.

Chacun pouvait ainsi prendre en main l’objet-poème et faire
tourner le volume entre deux doigts pour le lire en suspension.
 


Remarque la plus entendue : « C’est original ! Cela pousse à lire les textes… Moi qui ne lis jamais de poésie…». 



Les cinq textes étaient ordonnés selon une logique ondulatoire, une vague tragique pouvant être naviguée dans un sens ou l'autre : 
léger -- nuages --- drame --- nuages -- léger
L'oeuvre du milieu, anciennement titrée "Massacre en série", avait été initiée aux pires moments de la guerre en Syrie. Et aujourd'hui, c'est l'Ukraine... Entre-temps le Darfour, le Mali... C'est pourquoi elle était ici présentée sans titre ni date. 
C'est celle-là même qui avait été exposée au Forum des associations du Vésinet la semaine précédente et on avait expliqué ici en détail et en profondeur pourquoi il fallait "Vouloir aimer son présent", formule qui pourrait à terme devenir le titre définitif de cette oeuvre atroce. 

INCIDENT 
Une dame a pleuré deux lourdes larmes
il a fallu la prendre dans les bras
mais le soleil revient toujours 
alors plus tard elle a ri - c'est la vie. 


REMERCIEMENTS 

Les auteurs tiennent à remercier la petite centaine de visiteurs de n'être pas venus tous en même temps. 

Mention spéciale à ceux qui, après avoir lu attentivement les poèmes, avaient des questions si pertinentes, et notamment Marine-aux-flèches-directes-en-salves-serrées.


Note de l’artisan : 

Chaque boîte est pré-peinte en blanc d’oeuf puis rehaussée à l’argent. 

Il ne s’agit à aucun moment de faire joli. 


L’idée est d’évoquer la typographie traditionnelle où la ligne de plomb était posée sur la galée de métal, image fantasmée d’un monolithe argyrique.


Le poème imprimé est ensuite collé sur les boîtes en jouant sur les 4, 5 voire 6 côtés, créant diverses possibilités de lecture. Un seul impératif : que les textes puissent être lus facilement. 



 AxoDom

Contact pour accueillir cette expo ou une autre : AxoDom11@gmail.com ou 07-88-50-24-27.

mardi 20 septembre 2022

"Vouloir aimer son présent", objet de poésie

Une oeuvre mixte poème/objet est installée depuis quelques jours au Forum des associations du Vésinet (3, av. des Pages) en préfiguration des Journées Portes Ouvertes 2022 de la Boucle des Yvelines. 

L'oeuvre en question, signée AxoDom, est titrée "Vouloir aimer son présent". Il faut un peu expliquer pourquoi...


Depuis le début de ce siècle de fer (attentats du 11-Septembre, de Nice, Charlie Hebdo... guerres en Syrie, au Darfour, en Ukraine... catastrophes climatiques, inondation du Pakistan, montée des eaux, méga-incendies, coulées de boue, tensions sur la démocratie...) l'impératif s'impose. Il faut "Vouloir aimer son présent".

Quelle que soit l'idée que l'on se fait de la poésie, il faut bien - aussi - accepter le constat de son incroyable résistance. Elle se tient toujours debout face aux absurdités, elle résiste à toutes les coulées de boue, elle traverse les pires feux, elle étincelle dans le noir.Pour cela, il faut qu'elle s'expose au grand jour comme dans le prologue de Jean l'évangéliste :

(...) lux in tenebris lucet et tenebrae eam non conprehenderunt.

        la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas comprise.

D'où l'idée d'en faire un objet, une chose non plus seulement mentale, mais qui évolue dans l'espace, en suspension, se prend en main, s'appréhende donc par l'organe préhensile de l'homme-singe qui aurait peut-être mieux fait de le rester mais c'est une autre histoire.

Cet objet/poème, fragile et souple, il faudra le saisir entre deux doigts pour le déchiffrer.

Ensuite, cette même chose-boîte - avec 4 autres boîtes d'inspirations très différentes - sera présentée lors des prochaines Journées Portes Ouvertes des ateliers d'artistes du coin. 
On vous y attend avec du café chaud, si vous apportez des gâteaux, les samedi 24 et dimanche 25 septembre 2022. Voir les adresses des divers ateliers dans le document ouvrable ci-dessous.

 

Journées Portes Ouvertes
Ateliers d’Artistes de 3 villes de la Boucle

Lien vers le plan : https://fr.calameo.com/read/001058103703f53a893cd

samedi 4 juin 2022

Allons donc aux nouvelles !

 

D'un pas décidé, allons donc aux nouvelles...

Il a un peu plu ces derniers jours et une drôle d’espèce est sortie de terre : des éditeurs de nouvelles et de récits courts.
Dans un monde où le salut est dans la spécialisation, cela aussi existe, tout comme les testeurs de déodorant et les pousseurs de passagers de métro.

Certes peu nombreux et invisibles des médias mais énergiques et tenaces, ils s'appellent #RueSaintAmbroise, #Malpertuis, #Jasmin, #Lunatique, #Quadrature, #TriArtis, #Pneumatiques, #PauletMike, #LaChambredechos...

Isabelle Taillandier, créatrice des #editionsdeLaReineBlanche, est de cette tribu bizarre. Elle a pris l'initiative de réunir une petite dizaine de ses coreligionnaires hier samedi 4 juin 2022 et demain encore de 10 à 18h à la mairie du Vésinet pour un salon du livre assorti de quelques lectures.


Entre deux gouttes de pluie, vous pourriez découvrir ces curieux animaux et leurs productions variées (fantastique, polar, énigmatique, classique, avant-garde...) à la salle Utrillo et dans les sous-sols profonds de la mairie (60, Bd Carnot, Le Vésinet).
Isabelle Cousteil lit, émue, sa nouvelle "Passagères" (ed. #TriArtis) devant notamment
Roxane Duboz, qui l'a précédée avec un extrait de sa première publication "Les voisins" (Editions 
#LaReineBlanche), attentive comme un auteur peut l'être devant un autre.



Et si en repartant avec quelques recueils de nouvelles vous trouvez le terrain glissant, dites vous que tout ce que vous risquez c'est une bonne chute.

Quel rapport avec la poésie direz-vous peut-être, finauds que vous êtes ? Eh bien, la littérature est une et indivisible comme la République et, de plus, nombre de ces éditeurs-là publient aussi de la poésie. Sans compter Baudelaire et Edgar Poe, raisons majeures et souterraines...

mardi 21 septembre 2021

EXPOésie << Nos soleils se lèvent à Rio >>

Qu'est-ce pour Moi que me lever ? 
apparaître à vous ou disapparaître
à moi-même et à mes jours futurs ?

Merveilleux matinal dilemme 
où chaque jour je me baigne 
dans mes magnificences dorées. 


Ah ! Comme je m'aime...

Quand et où ?   Samedi 25 et dimanche 26 septembre 2021, de 14h à 19h, les artistes de la boucle de la Seine exposent leur travail et rencontrent le public sur leur lieu de création (Plan et liste LV ci-dessous)


Quoi ?   AxoDom des Yvelines (poésie) et Nam Tuk de Rio (photographie)


Ce fut d'abord une expérience d'écriture entre voisins que séparait un océan. D’un bord à l’autre de l'Atlantique, nous avons correspondu sans nous connaître. 

Ne se connaissant pas, on pouvait y aller... Est-on jamais plus sincère qu'avec un inconnu ?


Il apparut vite que nous ne nous écrivions pas l'un à l'autre. Nous écrivions ensemble sur Lui. Qui Lui ? Celui qu’il n’est pas nécessaire de nommer puisqu’il est partout, voit tout et peut-être même sait tout : râ ou rê ou lou soureilh, the sun, der Söhne, el sol, il sole, le seul soleil. 

Et plus précisément sav-heol, dans cette langue bretonne qui nomme le lever ou l'Orient et le distingue de kuzh-heol, son coucher, son Occident, construit dans la même vision que le latin sol oriens et sol occidens


L'oeil du jour sur son seuil 

Des photos donc. Et de l'un des plus beaux moments et monuments qui soient chaque jour : le lever du roi, saisi à Rio, par notre ami Nam Tuk, sage très matinal. 

Et puis, enchaînés, entraînés, filés à la quenouille, des mots, des idées, des émotions, montées de tension, clins d'oeil, rêveries... 


Nos poèmes sont souvent rimés mais pas forcément, suivant en cela la leçon de Jean L'Anselme : 

« Vingt fois sur le métier

dépolissez l’ouvrage, 

un vers trop poli 

ne peut pas être au net. 

Méfiez-vous des vers luisants ».

Bref, cette EXPOésie propose des fiancailles de poésie et de photos, des images pour l’esprit et des images pour les yeux. 


" Nos soleils se lèvent à Rio " au Vésinet

Journées Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes 2021 Chatou-Croissy-Le Vésinet




Le lien sur le site de la mairie pour un pdf plus lisible si besoin : 

https://www.levesinet.fr/wp-content/uploads/2021/09/Les-Ateliers-dArtistes-à-découvrir-au-Vésinet-et-à-Croissy.pdf




vendredi 13 mars 2020

Poésie et responsabilité, hélas

La fleur du mal

Si la poésie peut beaucoup pour le bien-être individuel et collectif, elle ne peut pas grand-chose contre ce renard de virus.

Vendredi 13 mars 2020 - Une drôle de nouvelle est tombée : "A partir de lundi seront fermés « jusqu’à nouvel ordre » toutes les classes et tous les amphis. Pour suivre l’avis des experts sanitaires, l'Etat pousse les entreprises à recourir massivement au télétravail et chacun est appelé à limiter déplacements et regroupements au strict indispensable". 

Dès ce matin, la mairie du Vésinet qui nous accueille au Wood cottage depuis décembre dernier nous a informés de sa décision d’annuler toutes les manifestations publiques, séance tenante, dont évidemment notre troisième soirée de poésie qui devait avoir lieu demain.
C'est évidemment une décision raisonnable. Malgré la déception de voir s'envoler en fumée les nombreuses journées de travail nécessaires à la préparation de cette création, que peut-on dire d'autre ?

Tout était prêt...

Principe de responsabilité

Il est de fait que, dans l’espace confiné qu’est le charmant salon du Wood cottage, l'exiguïté du lieu empêche matériellement de respecter la distance de sécurité d’un mètre entre chaque personne.
Or, à nouveau, nous avions fait le plein des réservations. Il y avait même une liste d'attente...

A bientôt... 

Pour atténuer ou accroître les déceptions, voici quelques images de notre répétition d’hier.

Colette Dalle en répétition le 12 mars 2020
Bien entendu, ce n’est que partie remise et nous vous tiendrons au courant ici même dès qu’il sera possible de reprogrammer cette soirée. 

D’ailleurs, si vous voulez être certain de ne pas manquer l'information, la meilleure chose à faire est de vous abonner à ce blog. Il suffit pour cela, dans la version web, d'inscrire votre adresse de courriel dans la case Suivre par mèl / Follow  ici à droite juste avant la liste des libellés. 

Vous recevrez ainsi une alerte sur votre messagerie lorsqu'un nouvel article sera disponible.

On avait trouvé de beaux jeux de scène...
Enfin, micro bonne nouvelle dans ce fatras de confusion : contrairement à de nombreux amis du spectacle vivant englués dans les problèmes d'annulation, nous n’aurons pas à gérer de remboursement de places puisque cette soirée était gratuite...

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jeudi 27 février 2020

Poésie et samovar #3 : La nigelle ? Un courage


La 3e soirée de préfiguration du Festival du N... accueille l'artiste Colette Dalle. Par les moyens conjugués de la poésie et des arts plastiques, celle-ci explore le courage qu'il faut à la nigelle de Damas pour persister dans son être.



Le Festival du N... poursuit ses soirées <Poésie et Samovar>.

Pour cette troisième soirée, on va parler chiffon, papier, graines... et courage.

On ira de la corde au papier, de la graine à la trame et au sac de grosse toile. Ayez confiance, venez les yeux fermés ; nous allons découvrir là une écriture hors norme. 

Si on pense aux fleurs, à la fleur, souvent on pense à celle du Petit prince évidemment. Mais la fleur comme objet d’étude scientifique, la fleur de la botanique n'exclut pas la poésie, au contraire. 

Composition et photo de Colette Dalle
La nigelle, par exemple - et pourquoi pas elle ? - 
devient alors un moyen d’arriver à l’universel.

La nigelle et autres poèmes de courage

L’écriture de Colette Dalle est un barrage qui cède. Parfois dans un texte il y a matière à 15 poèmes.

Elle écrit pour aller jusqu’à ce qu’elle nomme elle-même l’inatteignable. Un peu comme Becket cherchait à atteindre l'innommable.

C'est peut-être pourquoi son écriture est celle de l’éloge ; éloge du chanvre par exemple. Ni l’indien que certains fument pour s’oublier, ni celui de la corde à pendu, juste la plante appelée chanvre.

Partant, ses textes, ses images et ses objets sont éloge du chiffon, éloge du tissu plus que pauvre, vraiment humble. Comme Francis Ponge, elle prend résolument le parti pris des choses. Au-delà, il est aussi question des chemins de la mémoire.

Et qu'est-ce qui, en cette nigelle légère au vent, vaut de lui accoler le qualificatif de courage ? C'est ce que nous diront ses poèmes et c'est ce que nous montreront ses oeuvres plastiques.

Et comme d'habitude dialogueront avec ses poèmes ceux du poète mystère... 



RDV le samedi 14 mars 2020 à 17h au Wood Cottage.

Réservation nécessaire au 07 88 50 24 27.

mardi 28 janvier 2020

Retour sur Les commencements - PoéSam#2


© Claire Négros-Comereuc.

Le salon de la vénérable demeure était comble pour la seconde soirée Poésie et samovarCe samedi 18 janvier 2020, de 17h à 18h30, Sabine Péglion et le poète mystère, après un thé d'accueil offert au public, se sont échangé des poèmes en répons pour célébrer ce qui commence. 



Et ce qui commence, pour Sabine Péglion, c'est sans cesse l'écriture :

Vaste   
la feuille   dépliée  étale
    là       si près 
             la blancheur d’un espace
Les mots y dessinent un chemin
 brisent le silence
(...)

Elle-même anime des soirées de poésie chaque mois à Paris, après en avoir longtemps organisé à Marly et au Vésinet. Elle a publié une quinzaine de recueils, des livres d’artistes, des anthologies...

Son premier livre était « Métamorphoses » en 2005 chez Hélices et le dernier « Ces mots si clairs semés » (éd. La tête à l’envers). Elle a aussi publié un CD assorti d'un volumineux livret intitulé « Rumeurs du monde » aux éditions Sous la lime.

Ces mots, Sous la lime, viennent d’un vers de « L’art poétique » de Verlaine.
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l‘impair,
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
(...) 
O qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours ! 
Que ton vers soit la chose envolée 
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée 
Vers d'autres cieux à d'autres amours, 

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...,
Et tout le reste est littérature.

« Et tout le reste est littérature »

C'est un peu raide pour la littérature mais on comprend la pointe. Et ainsi s'est poursuivi ce deuxième épisode des soirées « poésie et samovar », préfiguration du  Festival du N
Ce dernier est programmé pour le 6 septembre 2020 dans le parc du Wood Cottage. C'est un dimanche et il fera beau.

De cette soirée de lectures, la photographe Claire Négros-Comereuc a saisi de belles images insérées ici avec le programme détaillé de la soirée. 

 Les textes 


Une vingtaine de poèmes, cousus de transitions par Dom, ont formé ce costume d’Arlequin.

1 - Sabine Péglion : « Vaste, la feuille… »

extrait de « Traversée nomade » (ed. Sous la Lime)

2 - En écho « L’art poétique » de Verlaine


Notre thème ce soir, les commencements : l’étincelle initiale, le feu natal.
Tout commence par une route, toutes les traversées, tous les voyages, toutes les existences, avec ou sans enfants. Et toujours de bon matin…

3 - Sabine Péglion : « Rumeur de l’aube »  

Rumeur de l’aube
aux éclats de bleuets 
Les portières se rebellent 
dans le cri des enfants

Sabine Péglion dans l'objectif de Claire Négros-Comereuc©

4 - Mais au fait, le poète mystère ?

Ce poète mystère annoncé sur l’affiche, quel est-il ?
C'est une galaxie, c'est un nuage des poèmes que l’on aime, des poètes que l’on fréquente ou qui nous sont restés dans un coin de la mémoire scolaire. Chacun a son poète mystère.

Aujourd'hui, nous accompagne celui d’un écrivain mort le même jour que le chanteur Jean-Philippe Smet, dit Johnny Halliday. Cet académicien élégant, brillant, qu'il est inutile de nommer, citait à la volée Dante et Chateaubriand et tout un panthéon personnel d’écrivains et surtout de poètes. 
Il en avait fait un joli compagnon de promenade : "Et toi mon coeur pourquoi bats-tu" édité chez Laffont en 2003. On a mis ce soir certains de ces textes en dialogue avec la poésie de Sabine Péglion.

5 - Sabine Péglion, « Dans le ciel de nos rêves »

jusqu'à « l’aube de ce qui n’est plus un rêve ».

Ce qui n'est plus un rêve, c’est donc la vie ! Qui se lève et qui va.

6 - Rimbaud - Péguy - La Fontaine

La vie qui va comme chez Jean-Arthur Rimbaud dans « Ma bohème » : « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées... »
Avec en écho Charles Péguy : « Nous allons devant nous, les mains le long des poches (…) sans hâte ni recours. ».
Car « L’innocente beauté des jardins et des jours / Allait faire à jamais le charme de ma vie ». Merci ! Qui ? La Fontaine !

7 - Sabine Péglion : "Vois, la brume s'est levée" 

Dans un « carillon de lumière » a-t-elle dit « parmi les branches / l'enfant s'élance » comme un trait… C'est là un autre genre de commencement...

8 - AxoDom : " Un trait dans la forêt "

© Claire Négros-Comereuc
"Rien qu’un trait
une puissance nue et brutale
un éclair de nuit distrait
(...)
un trille de cristal mobile
parmi cent mille surprises
un hoquet, une incise
une grâce."

9 - Sabine Péglion: « Un battement d’ailes »

Un vers de Sabine : « ton pas suspendu / incertain / hésite », fait surgir de la malle du poète-mystère ce chef d’œuvre de Valéry : « Les pas »

10 - Paul Valéry : « Les pas »

Tes pas, enfants de mon silence, 
Saintement, lentement placés, 
Vers le lit de ma vigilance 
Procèdent muets et glacés.  
(...)
Ne hâte pas cet acte tendre, 
Douceur d’être et de n’être pas, 
Car j’ai vécu de vous attendre 
Et mon cœur n’était que vos pas.

Extrait du recueil Charmes de 1922 dont Alain, notre philosophe de la rue Émile-Thiébaut, a publié à la fin des années 20 de subtils commentaires chez Gallimard.

Pour d'autres commencements, il faut sauter en Afrique et entendre du temps, des totems et des tambours…

11 – Sabine Péglion : « Temps, totems, tambours »

« Il est un port / où je retrouverai / ces voiles déployées 
(…) 
prêts à tous les rivages / et je prendrai le large. »

Prendre le large donc

... et un peu de thé avant de se quitter sur ces derniers mots de l’italien Cesare Pavese : 
« L’unique joie au monde est de commencer. Il est beau de vivre car vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant.Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir. »
Oui, la joie à chaque âge et à tout instant, c'est de commencer. Mais, pour l'heure, "Poésie et samovar" vous salue. 
Le Festival du N… poursuit sa mue. Né à Paris, sous le nom de O+O de Paris derrière la place d’Italie, où pendant 6 ans il a réuni plusieurs dizaines d’artistes divers, poètes, peintres, sculpteurs, conteurs… et environ 2000 visiteurs dans le quartier de la butte aux cailles, il va continuer ici, dans le parc, le dimanche 6 septembre 2020. 

Prochaine soirée le samedi 14 mars.


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