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samedi 28 décembre 2019

Retour sur Coeur de fête - PoéSam#1

Yves Le Gall derrière le paravent,
le reflet doré d'Isabelle Camarrieu 

et le metteur en scène en casquette à la Prévert.
Poésie et samovar #1, la première des soirées de préfiguration du Festival du N... s'est déroulée au coeur des fêtes, le 27 décembre 2019.

Dans la délicieuse atmosphère d'une vieille maison de bois, elle a fait briller les yeux et danser des sourires aux visages des visiteurs.


Entre 17 et 19h, sur les laissées de l’année 2019, ont été dévoilés au cours de la soirée Poésie et samovar #1 sur le thème "Coeur de fête" quelques uns des derniers textes de la poétesse Isabelle Camarrieu. Sa lecture, légèrement mise en scène, fut l'objet d'un dialogue ininterrompu avec les immortelles beautés de contemporains plus anciens choisis, portés, susurrés ou chantés par Yves Le Gall : Jacques Prévert, Charles Trenet, Louis Aragon, Georges Brassens. Les textes des chansons soudain dégagés de leur musique retrouvaient à nos oreilles une jeunesse nouvelle. 

Et voilà qu'entre la nativité et la nouvelle année s'ébrouaient, au mitan de deux agitations, le calme tendu, absolu et souriant de la poésie qui emporte les esprits aux confins. 

Après un thé d'accueil servi dans une proustienne salle à manger autour d'un samovar posé sur une nappe brodée à l'ancienne, tous deux généreusement prêtés, et qui ont participé du succès de la soirée, le public fut, dans le noir troué par la lampe de poche de l'ouvreur potentiel de poésie, cérémonieusement introduit dans un éphémère nouveau temple du poème. 

Yves Le Gall grave et concentré sur l'Aragon fou d'Elsa.


Isabelle Camarrieu dans « J’ai mille habits » parmi le public du Wood Cottage.


Le programme

Festival du N… / Cycle« Poésie et samovar » // Soirée « Cœur de fête »

 

Textes d’Isabelle Camarrieu en bleu - Interventions d’Yves Le Gall en vert

Les 24 textes de la soirée, cousus de transitions par Dom, ont formé ce costume d’Arlequin :

1/ IC « Dans le chapiteau étoilé de l’espérance »

« L’indomptable et fougueux cheval de la jeunesse enviée rêve… »

2/ YLG - Trenet

« Ya d'la joie »

3/ IC - Quatre limericks (portraits)

Quatre figures du quartier de la Butte-aux cailles, publiés dans le journal du 13e ardt de Paris.
·      « Jacques de la commune »
·      « La fille à la toque de Jégo »
·      « L'étranger qui se nomme Vladimir »
·      « L'homme d'affaire du quartier »

4/ YLG - Prévert « Le cancre »

« Il dit non avec la tête… »

5/ IC « Pierres décolorées »

« Séchées - tout affadies… »

6/ IC « La beauté »

« La beauté vit dans une bulle »

7/ YLG - Aragon « L'amour qui n'est pas un mot »

« Suffit-il donc que tu paraisses »

8/ IC « La veille encore »

« La veille encore, tu glissais, délice… »

9/ YLG - Aragon « Il n'aurait fallu »

« Il n’aurait fallu / Qu’un moment de plus… »

10/ IC « Le bois moutonne »

« Le bois moutonne à bas-bruit… »

11/ YLG - Trenet

« Le jardin extraordinaire »
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12/ IC « De quoi sont faits les nuages ? »

« De l’agglomération de pensées vaporisées… »

13/ YLG - Trenet

« Le soleil et la lune »

14/ IC « Les bateaux, les bateaux »

« Aux coques colorées / Colloquent, amarrés / Les bateaux, les bateaux… »

15/ YLG Prévert

« Pour faire le portrait d'un oiseau… »

16/ IC « J’ai mille habits »

« Mais ne m’en pare… / Préférant le bord du lit… »

17/ YLG - Brassens

« Dans l'eau de la claire fontaine ».

18/ IC « Dans notre siècle de longévité »

« L’amour ce sans papier / En cachant son identité… »

19/ YLG - Aragon

Prose du bonheur et d'Elsa
 « Que serais-je sans toi »

19 bis/ Dom sur l’exergue de Charles d’Orléans

20/ IC « Dans la langueur de l’été »

« Au son aigu ou aigrelet… »

21/ IC « Et pravda... »

« J’aime quand tu t’en vas… »

22/ YLG - Prévert

« Page d'écriture »

23/ Dom sur quelques strophes de Verlaine

« Dame souris trotte, noire dans le gris du soir… »
 « Le ciel est, par-dessus le toit, si bleu si calme. Un arbre, par-dessus le toit, berce sa palme... »

24/ IC « Blason à Verlaine »

« C‘est de la petite musique que ces vers-là, de ce Verlaine qui…


A suivre... vers «Les commencements»

Dès le mois prochain, le samedi 18 janvier 2020 de 17 à 19h la vésigondine Sabine Péglion et un poète mystère nous embarqueront vers «Les commencements».

Les enfants curieux seront les bienvenus. 

Nota bene : 
Les places au paradis étant limitées, la réservation est nécessaire.
Contact : Dom G. au 07 88 50 24 27 ou axo.domguillerm@gmail.com.


RAPPEL  :
Les soirées «Poésie et samovar» organisées au Wood cottage sont la préfiguration du Festival du N... qui se tiendra au Vésinet le 6 septembre prochain au même endroit mais dans le parc. 
Ce que désigne ce   on le saura plus tard. 

mardi 2 avril 2013

Avec Houellebecq la poésie fait la Une de Libé

La "Une" de Libération du mardi 2 avril 2013

La poésie est-elle en train de se dévêtir dans la perception des media de son vieux manteau de passéisme un peu ringard ?


Cette fois, ce n'est plus nous - forcément suspects de partialité vu le titre de notre blog - qui le disons, c'est Libé, le nécessaire porte-voix des rebelles, des héritiers de Mai 68, d'Actuel et des Inrockuptibles, l'arbitre des élégances toujours en avance, le media fureteur qui a dans ses gênes le sens du contre-courant avant-gardiste... Pléonasmes ? tant pis. 

"Le monde n'est plus digne de la poésie". Libération l'écrit en toutes lettres, et en fait le gros titre de sa "Une". Plus qu'un titre, c'est un splendide vers de poète contemporain de toutes les époques... Quoi qu'on en dise avant de l'avoir lu, Houellebecq est poète, physiquement, il écrit et publie de la poésie. Et depuis longtemps. Avec sa tête, avec ses rêves souvent gris, avec ses mains et avec du papier. 

Ceux qui l'avaient entendu il y a peu de semaines, le 6 janvier exactement, sur France Culture dans la belle émission de Sophie Nauleau "Ca rime à quoi" le savaient. Mais ceux qui n'ont pas suivi tous les méandres de la carrière souvent bruyante de cet écrivain qui a commencé par la poésie et ne cesse de la pratiquer, sauf lorsqu'il écrit des romans, pourront y voir une sorte d'aveu stupéfiant, de révélation, de coming out comme on dit en français assiégé d'aujourd'hui.

Derrière cette "Une" claironnante, porte-drapeau manifeste pas vraiment à l'avantage du monde, s'égrènent quatre (oui 4 !) pages où la timide se voit tresser des guirlandes de pampres et d'acacia, un triomphe avec couronnes de laurier et gloires de béatitudes en étendard. Guère habituée, la poésie ne sait plus où se mettre; le soir elle doit encore chercher une violette où se cacher.

Le vers de la "Une" prend d'ailleurs un autre relief lorsqu'il est lu dans le fil de l'interview de Sylvain Bourmeau qui ouvre ces pages : "Je pourrais (...) dire - sèchement - que le monde n'est plus digne de la poésie. Si l'on veut être optimiste, on peut penser que le temps du roman n'est pas terminé. (...) ça ménage l'idée d'un retour à des temps plus favorables pour la poésie."

Douceur agréable à l'œil que ces paragraphes où Houellebecq dit comment il aime Verlaine, Apollinaire et Aragon. Et les cite avec une gourmandise de vieil habitué : "Dans le vieux parc solitaire et glacé / Deux formes ont tout à l'heure passé." Dommage quand même que de son propre aveu il s'arrête à Mallarmé et Apollinaire, avec une exception pour Aragon.




Populaire ?

Avec dans ce numéro de Libé un total de quatre articles, dont deux d'Eric Loret s'attachent davantage au style et à l'inspiration de l'auteur, il importe aussi de signaler une ébauche d'hypothèse de prophétie, hasardée sous la plume de Nicolas Demorand : "(la poésie) cet usage si particulier de la langue peut redevenir populaire. Populaire au beau sens du terme. Populaire si l'on ose s'en saisir la plume à la main, sans avoir peur ou honte de mettre son coeur à nu." (On peut lire la suite dans l'éditorial ci-dessous).

Dans son édito, Nicolas Demorand rend aussi hommage
à l'école, au Livre de Poche, aux vers appris par coeur... 
 
 
Du recueil lui-même "Configuration du dernier rivage" (Flammarion), on ne pourra pas dire grand chose encore ici, ne l'ayant pas lu puisqu'il sort le 17 avril. Ce qui ne nous empêchera pas, même s'il ne nous plaît pas, de nous féliciter de sa publication.

vendredi 2 novembre 2012

"Revenir à la littérature, à la poésie" (Aurélie Filippetti)


VERBATIM la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, lors d'une soirée dans la maison d'Aragon à l'occasion du trentenaire de sa mort :
"Nous pensons que la culture est objet politique et la politique un projet culturel émancipateur. Je crois que cette mission de la culture, malgré la crise et plus que jamais à cause de la crise, est de revenir à la littérature, à la poésie."


Le propos est extrait d'un article d'Alain Nicolas dans le quotidien l'Humanité daté du 1er octobre 2012 et que vous pouvez lire in extenso ici : http://www.humanite.fr/culture/le-swing-de-louis-sous-la-pleine-lune-505240. 

On était fondé à supposer que le "nous" en question ci-dessus désignait le Gouvernement. Pourtant, le lendemain les services de Vincent Peillon, son collègue de l'Education nationale, lâchaient le fatal couperet sur le budget du Printemps des Poètes et deux jours plus tard, nous recevions le courrier d'alerte de Jean-Pierre Siméon, son directeur artistique, informant les partenaires de l'association que ce défaut d'un financement pourtant prévu et budgété impliquait "la disparition à brève échéance de la structure, et consécutivement de la manifestation"

AxoDom

samedi 4 février 2012

Pour Laurent Terzieff, avec Michael Lonsdale

Fin janvier à Saint-Germain-des-Près Michael Lonsdale a dit une messe bien particulière pour l'ami disparu.

L'autre semaine à l'heure des Vêpres
Saint-Germain-des-Près était pleine
pleine de poètes et d'amoureux
de poésie, de beau, de peine
pour la tendresse d'un regard bleu 

si souvent tourné vers le haut
sur presque toutes ses photos
vers une grâce et vers le ciel des dieux
qui y vivent tout de même un peu,
un regard de beauté funèbre.

Il avait dit L’Honneur des poètes
et d'autres poètes ont su en choeur
lui rendre toute sa politesse.
Vingt d'entre eux ont écrit du coeur :
Les poètes honorent Laurent Terzieff.


L'église Saint-Germain-des-Près était pleine à craquer, ce samedi 28 janvier 2012 à 16 heures.  Les poètes honoraient Laurent Terzieff qui les avait si bien servis.  

Cette célébration Les poètes honorent Laurent Terzieff , organisée par Françoise Siri, du collectif 20 Poètes, était placée sous le parrainage de Jean-Pierre Siméon (1), directeur artistique du Printemps des Poètes et auteur de Ce que signifiait Laurent Terzieff (Les Solitaires Intempestifs, décembre 2011)
Elle visait un certain Terzieff, pas le plus connu...

Derrière l'acteur star - de l'étudiant cynique des Tricheurs de Marcel Carné à Pasolini, Bunuel, Garrel, Godard et une longue vie sur les planches privées et publiques qui lui valurent un Molière en 2010 - la communauté des poètes et des amateurs de poésie voyait celui qui toute sa vie a aimé et défendu la poésie.

Ce jour-là la poésie se souvenait et rendait l'hommage.

Sur la "scène" - une simple estrade dressée au milieu du transept - un autre ami de la poésie, Michael Lonsdale a lu les textes d'une vingtaine de poètes français et étrangers écrits en souvenir de l’ami et de l'acteur décédé le 2 juillet 2010 à 75 ans.





Les lectures étaient ponctuées de courtes improvisations de musique vocale interprétées par Paula Mesuret. D'abord étonnant, presque dérangeant, ce dispositif peu à peu trouvait sa place et finalement s'imposait comme une façon parfaite de laisser l'esprit entrer dans chacun des textes. 

Un véritable ami de la poésie

Très jeune féru de philosophie et de poésie, Terzieff s'est toujours frotté à la poésie de son temps. 

En 1964, il fut de ceux qui autour de Jean Vilar enregistrèrent sur un accompagnement au piano et au clavecin de Jean Wiener le fameux recueil L'honneur des poètes publié sous l'Occupation par les éditions de Minuit en juillet 1943 avec des textes d'Aragon, Desnos, Cassou, Eluard, etc.
Sur ce disque édité par Le chant du monde, Terzieff disait les textes de Vercors (La Patience), Loys Masson (Prière pour les russes), Jean Lescure (Refuge 2180 m), Lucien Scheler (Police), Claude Sernet (Lui). 
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Honneur_des_poètes#cite_ref-25

Terzieff a porté sur scène Rilke, Milosz, Eliot et récemment le Brecht poète qu'il a mis en scène à la Maison de la Poésie. Il parlait de la poésie comme un "contraire et complément du théâtre". Interviewé par Manuelle Calmat dans Chronicart fin 2000, il commençait ses réponses par celle-ci, définitive : "Pour moi, la poésie n’est pas un moyen, c’est une fin".

AxoDom

(1) Jean-Pierre Siméon est aussi l'auteur de Philoctète, la dernière pièce jouée par Terzieff. 

Lundi 5 mars 2012, à 20h30, au Théâtre National Populaire de Villeurbanne en ouverture nationale du 14e Printemps des poètes une soirée inaugurale rendra hommage à Laurent Terzieff homme de théâtre et de poésie avec Claude Aufaure, Philippe Laudenbach, Robin Renucci et les comédiens du TNP. Retransmission sur France Culture les 11 et 18 mars.

(photos Dominique Guillerm)