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vendredi 29 mars 2013

Comme tout a changé en 6 mois !


"A la fin tu es las de ce monde ancien

qui croit que la poésie ne sert à rien...". 
Pardon, Guillaume pour ce détournement 
mais c'est pour la bonne cause. 

Sur son blog, le journaliste Amaury Da Cunha a publié un "article initialement paru dans le supplément "culture & idées" du Monde". C'est un bon tour d'horizon de l'état de la poésie ou plutôt de la perception qu'en ont les intervenants interrogés : Pierre Alferi, Jean-Michel Maulpoix, Denis Roche, Pierre Pachet, Florence Trocmé...

Plus exactement encore : c'est un tour d'horizon de l'état de la poésie... il y a 6 mois. En effet, cet article est daté, au sens propre. Il est d'octobre 2012 or six mois aujourd'hui valent bien six siècles, le miroir a déjà un peu jauni. Ce dont on est en droit de se réjouir vu le ton globalement attristé de cet article qui reflète les lunes anciennes : la poésie serait "ringarde et passéiste". Compatissons...

Et comme c'est Jacques Roubaud qui le dit - avec toute la réelle autorité sur le sujet qui est la sienne - on pourrait croire que le débat est clos et que l'affaire de la poésie est définitivement perdue dans les brumes délétères d'un gentil souvenir. Seulement l'article du Monde diplomatique dont ces propos sont extraits datent eux de janvier 2010 ! Et là, 3 ans égalent 3000 ans. 

Mais laissons la préhistoire et revenons à l'époque contemporaine. Que s'est-il passé depuis six mois ? Le Printemps des Poètes est passé par là. 


Un retournement


Le 15e Printemps qui vient de se terminer a manifestement inauguré un retournement. Les spectacles étaient souvent pleins et pour une fois les media en ont parlé. Ou le contraire, comme dans la question de la poule et l'oeuf.

Les chiffres l'attestent, puisqu'il faut toujours attester, mais plus encore ce qui fait signe c'est ce qu'il faut bien appeler un engouement nouveau des media pour la chose poétique. Voir les articles de synthèse ici et aussi là, qui ne représentent sans doute pas un dixième de la réalité. 
Cette preuve n'est d'ailleurs pas seulement dans le nombre des retombées presse, comme disent les professionnels, mais dans le ton nouveau que l'on y perçoit. Le discours que l'équipe du Printemps des Poètes, à commencer par son directeur artistique Jean-Pierre Siméon, ne cesse de répéter depuis 15 ans a enfin été entendu. Sont-ils devenus meilleurs ? Peut-être, mais sans doute aussi : c'était le bon moment. 

Jacques Bonnaffé, impérial sur la plate-forme du bus
exceptionnellement garé sur la piazza Beaubourg
le 9 mars jour du lancement du Printemps.

L'effet d'événement n'est sans doute pas pour rien dans ce succès. La concentration sur deux semaines de milliers d'opérations sur tout le pays a forcément incité les media à en rendre compte. La présence de porte-drapeaux magnifiques comme Denis Lavant et Jacques Bonnaffé, le soutien de partenaires solides comme la RATP - avec son bus à plate-forme sur la piazza Beaubourg le 9 mars jour du lancement - les très nombreuses émissions sur France culture et France Inter, tout cela a permis de mettre en route ce qui est devenu un imposant train d'articles, reportages, annonces, etc. 

Le milieu s'ouvre


Il y a aussi que le milieu a commencé de sortir du milieu. Le cercle des spécialistes s'est ouvert. On a vu des gens "venir pour la première fois", comme ça "par curiosité". 
Et puis, grâce, il faut bien l'avouer, aux réseaux sociaux, à commencer par Facebook - qui simplifie tellement la vie de ceux qui n'ont pas de budget pour communiquer - l'information est passée. Et le fond de cette information, son tronc commun, derrière les détails est ceci : Y'A UN TRUC SYMPA AUJOURD'HUI QUI S'APPELLE LA POESIE. 

Et ça, vu le contexte comme on dit, ça parle aux gens. Les media le sentent et font leur travail. Comme l'ont bien analysé des chercheurs comme Dominique Wolton, les media ne créent pas de tendances, ils n'inventent rien mais ils n'ont pas leur pareil pour amplifier les mouvements de cette vaste mer qu'est une société. 

Bien malin qui pourrait dire l'avenir mais quelque chose a démarré et rien ne prouve que ce train-là doive s'arrêter. 

D'autant que les premiers concernés, les poètes, se sont structurés ici et là en groupes plus ou moins formels. Ainsi l'UNION DES POETES, dont nous relations il y a quelques semaines la création et les premières réunions, est forte déjà d'une centaine de membres actifs et a formalisé son programme de travail. 

Derrière ce succès du Printemps des Poètes 2013, il y a aussi le travail de fond effectué par des centaines d'associations, groupes, bandes de copains, partout en France, qui ne se sont jamais résignés et continuent inlassablement leur travail de Résistants, à l'exemple de l'association Poètes en Résonance du poète Seyhmus Dagtekin qui vous attend ce soir-même pour entendre les poètes Patrice Delbourg et Shumona Sinha, accompagnés par la musicienne Hélène Arntzen. Comme d'habitude : entrée libre, accueil prévu pour les enfants et la soirée se poursuit autour d'une collation festive préparée par les voisins du quartier. Mais si, c'est possible. C'est au 8, rue Camille-Flammarion, dans le 18e à Paris. Si vous avez cette information trop tard, pas de désespoir, ces rendez-vous sont quasiment mensuels. Précisons : ceci n'est pas de la pub, c'est de l'information. C'est gratuit, comme presque toutes les manifestations de poésie. A se demander comment les poètes mangent et paient leur loyer...

Voilà encore une excellente raison pour que le ministre Vincent PEILLON rétablisse la subvention de 50 000€ qui manque encore dans la bourse du Printemps des Poètes au titre du budget 2012 et qu'il n'ampute pas le budget 2013, évidemment

Et pour qu'Apollinaire nous pardonne l'emprunt du début de Zone, premier poème du recueil Alcools, - vendu à 200 exemplaires à sa sortie et à 2 000 000 aujourd'hui - en voici les derniers vers :
" Adieu Adieu 
Soleil cou coupé. "

mercredi 20 mars 2013

Alerte ! La poésie poursuit son invasion des media

Encore des articles, des brèves, des sons, des images, des reportages, des chroniques. 
Le Printemps des Poètes et sa copine la poésie squattent dans les media. Quelle honte ! On ne va même plus pouvoir dire que la poésie c'est ringard, pfff...

Toujours fins, les italiens, chez qui elle est très vivace, ont même envoyé la télé pour voir de quoi il retournait. On ne pourra plus dire "ché la diritta via de la poesia era smaritta"...

Et chapeau au service public (France Culture, France Inter...), bien dans son rôle, qui a ouvert le plus grand ses antennes. Selon Marie Richeux, les poèmes qu'elle met en ondes dans "Pas la peine de crier" sur France culture) sont parmi les podcasts les plus prisés de la station. Plusieurs dizaines de milliers... 


Quel cabinet ministériel oserait briser ce magique élan ? Tout nous porte aujourd'hui à l'espoir que le ministère de l'Education nationale redonne enfin de l'air à ceux qui agitent tant de positive excitation.


Cette liste complète le post de la précédente recension des mentions du Printemps des Poètes dans les media. Aucun doublon, sauf erreur. 

Et si les liens sont rompus, tout est là : http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=1&ssrub=9&page=133




A la télévision

Dimanche 10 mars
 

Reppublica TV / ItalieReportage sur le lancement du Printemps des Poètes à Paris, avec la RATP
Dans le métro avec les comédiens qui distribuent des cartes postales poèmes, rue Saint Merri dans le bus RATP avec Jacques Bonnaffé, Sylvia Bergé, Thierry Hancisse, et les Souffleurs.

 




Sur les ondes


Samedi 9 mars
Concert chanson et poésie / France culture
Avec Guillaume Durieux, Angélique Ionatos, Paulka (lauréate du 5e Concours A. Chedid chanté), Têtes raides


Dimanche 10 mars
Stéphane Paoli / "3 D" / France inter

Semaine du 11 mars de 20h à 20h05

Jean-François Cadet / « Vous m’en direz des nouvelles » / RFI
Invités en direct : Jean-Pierre Siméon et Salma Al Neimi
Ecouter l'émission

Vous m'en direz des nouvelles - 14/03/2013 - 1ère partie
(19:30)

Vous m'en direz des nouvelles - 14/03/2013 - 2ème partie
(26:31)



Poème du jour tous les jours à 16h50
produit par la Fiction de France Culture, une sélection de textes écrits pour le Printemps des poètes dits par les comédiens Réda Kateb et Maelys Ricordeau.
- 12 mars : poème "Song pour Edouard Glissant" d'Ernest Pépin 


- 13 mars : poème "Pour la voix du poème" d'Anne-Marie Bernard


- 14 mars : poème "Passion" de Zéno Bianu

- 15 mars : poème "Le danseur" d'Hélène Sanguinetti


- 18 mars : poème "dans les vociférations" de Francis Dannemark lu par Reda Kateb
  


mercredi 6 mars 2013

Le Printemps se flash-mobilise !


Selon nos dernières informations, rien n'était encore décidé hier au ministère de l'Education Nationale concernant le reliquat de subvention de 50 000 malheureux euros qui manquent toujours cruellement dans les balances comptables de l'association pour l'année 2012
Comme beaucoup d'autres associations sont entretenues dans le même flou de silence, tout le monde reste un peu coi. Alors que les arbitrages budgétaires interministériels sont terminés depuis des semaines, le cabinet de Vincent PEILLON a seulement promis que sa décision serait "rendue publique avant le 31 mars". On imagine les jongleries financières auxquelles sont forcés les dirigeants de ces associations, sans parler du désarroi des salariés. 

Faisant contre mauvaise fortune gros dos, l'équipe du Printemps des Poètes a cependant décidé de mettre ses angoisses sous le boisseau et de jeter toutes ses forces dans ce Printemps 2013. Programmation alléchante, riche et joliment relayée par des parrains enflammés comme Denis Lavant et Jacques Bonnaffé, ce dernier très en forme sur France Inter ce mercredi 6 dans  ON VA TOUS Y PASSER  animée par Frédéric Lopez. 
Dès le début de l'émission, Bonnaffé cite Angèle Vannier : "Je prie la nuit comme un bateau la mer".
Vieux routier des plateaux, il reprend aussitôt, sans laisser aux humoristes le temps d'humoriser : "Eh oui, la poésie vous tombe comme ça, comme un accident de la langue." Il glisse aussi qu'Angèle Vannier a écrit des chansons pour Piaf... 
Sachant cela, on entend peut-être différemment le vers "De ma vie je n’ai jamais vu plus beau visage que sa voix", qui est l'incipit du texte qui va être "Flashmobé" samedi 9 mars à 16h lors du lancement du Printemps des Poètes dans toute la France, et à Paris sur la piazza Beaubourg.

DE MA VIE  
De ma vie je n’ai jamais vu
Plus beau visage que sa voix
Ses yeux portent l’âme des eaux
Blessées à mort depuis des siècles
Par le silence des grands bois
Son front descend de la lumière
Comme l’Égypte du mystère
Et sa bouche a juste le poids
Le poids terrible du bonheur
Que pouvait supporter mon cœur.
Angèle Vannier Extrait, Poèmes choisis 1947-1978, Rougerie, 1990

Pour le reste, qui est considérable cette année encore, on accède sur la page d'accueil du site au programme de deux façons différentes : 
- soit en mode sélectif
- soit en mode interactif 

Hardi les coeurs, donc. Profitons de ce Printemps avant qu'on ne nous l'enlève, p
eut-être...

Ou peut-être pas. Cela dépendra aussi de nous puisque la politique, au contraire de la poésie, est toujours hélas un rapport de force. 
En tout cas, le signe de reconnaissance des Amis du Printemps des Poètes, des dizaines de milliers de contacts de la page Facebook qui le soutient, de l'Union des Poètes et du présent blog entre autres... est : un sourire déterminé sur les lèvres.


vendredi 16 novembre 2012

¿La poesía es considerada un lujo? (la lettre ouverte de Francis Combes en espagnol)

Notre amie Facebook, Cristina Burneo de Quito (Equateur) vient de mettre en ligne sur la page FB Sauvons le Printemps des Poètes la traduction en espagnol de la Lettre ouverte de Francis Combes à François Hollande.

Comme tout le monde n'est pas sur Facebook, nous la reproduisons ici aussitôt, notamment pour les nombreux amis du monde hispanique qui nous suivent depuis plus d'un mois et nous ont manifesté leur soutien.

Le blog de Cristina Burneo est Nocturnas salas. 
Carta abierta a François Hollande


  • Sr. Presidente,

    De varios lados nos llega información preocupante acerca de la vida cultural y, sobre todo, del lugar de la poesía en la Francia de hoy. La más reciente, y una de las más preocupantes, se refiere a
    "La Primavera de los poetas" (Le Printemps des Poètes). Todos conocemos el papel que ésta desempeña hace muchos años para que la poesía viva, se exprese y se difunda en todo el país.

    El Ministerio de Educación, que siempre ha contribuido al funcionamiento de esta asociación, ha reducido en 60.000 euros la subvención que le asigna. Esto pone a la Primavera de los poetas en gran dificultad. Se invocará, sin duda, los tiempos difíciles y la necesidad de ahorrar dinero... Pero, por el momento, esta política parece estar desigualmente repartida. ¿Será que en el seno del gobierno (y en particular en el Ministerio, cuya misión es la educación de la juventud) la poesía es considerada un lujo, un suplemento espiritual del que la mayoría de nuestros ciudadanos podría prescindir sin mayores daños? Si este fuera el caso, sería un grave error.

    La poesía no es solo un juego de palabras, aunque esta dimensión lúdica forme parte de sus posibilidades. Y si es un juego, es vital, como es vital el juego para el desarrollo de la infancia y la capacidad de crecimiento. La poesía es la manifestación de la facultad humana de “habitar el mundo”, de hacerlo suyo, de abrirse a los otros, de sentir más vivamente lo real al tiempo de soñarlo, de transformarlo por vía de la imaginación. Es, sobre todo, una lucidez sensible, una de las más altas formas de la conciencia.

    Un pueblo sin poesía es un pueblo sin sueños.

    Ya en 1948, en un texto titulado “La función poética”, Pierre Reverdy escribía: “No, la poesía no es esa cosa inútil y gratuita de la que podemos prescindir fácilmente. Se halla al principio del hombre, y echa sus raíces en su destino. (...) Es el acto mágico de transmutación de lo real exterior en lo real interior, sin lo cual la humanidad jamás podría haber superado el obstáculo inconcebible que la naturaleza le oponía.”

    Atentar contra la función poética, que tiene mucho que ver con la esencia de la libertad humana, la cual consiste en no resignarse a lo real tal cual es, sería ir pendiente abajo, en una dirección marcada por nuestra sociedad que considera a hombres y mujeres consumidores y no productores, clientes de un imaginario sin imaginación, y no autores de sus vidas y su futuro. Esta pendiente tiende a hacer de los pueblos una simple población pasiva y manipulable. Reducir la cultura, aquí y ahora, como ayer y en todos lados, implica siempre allanar el camino para la estupidez y el fascismo.

    Este carácter necesario de la función poética me parece evidente, de manera particular, en tiempos de crisis, como la que estamos viviendo ahora. Cuando más y más aspectos de la vida social empujan hacia la resignación ante aquello que se percibe como inevitable, el poema aparece, a los ojos de muchos, como “una salva contra la costumbre” (para retomar expresión de Henri Pichette), una insurrección contra la vida mustia y una acción aparentemente modesta pero valiosa para imaginar el mundo. ¿No es lo que más falta hoy en día, la capacidad de soñar el futuro y la transformación del mundo? El viejo lema de Rimbaud, “cambiar la vida”, es siempre el programa de los poetas del mundo entero.

    En mi opinión, no hay poesía posible sin utopía. Esta también es, a mi modo de ver, una de las razones del éxito de numerosas manifestaciones poéticas, como la campaña de carteles de poemas en el metro, de la que me ocupo con Gérard Cartier hace quince años, la Primavera de los poetas y las diversas ferias y festivales involucrados en el renacimiento de la vida poética en Francia.

    He de añadir, por ser invitado regularmente a festivales en el extranjero, que a veces tengo la impresión de que la poesía francesa es mejor reconocida fuera de nuestras fronteras que dentro de ellas. Lo confirman la ausencia de la poesía en los medios masivos, su marginación de la industria y del comercio del libro y, ahora, en los recortes presupuestarios, de los cuales es el blanco.

    Una política de izquierdas digna de ese nombre debería, por el contrario, comprometerse a cultivar la pasión por la cultura, el conocimiento y las artes, promover el pensamiento crítico, la cercanía con lo real y la capacidad de soñar despiertos.

    Por esa razón, señor Presidente, le pido que discuta con su gobierno la posibilidad de restablecer el subsidio a "La Primavera de los poetas" (Le Printemps des Poètes) y apoyar la multiplicación de iniciativas a favor de la poesía.

    Atentamente,
    Francis Combes

mardi 13 novembre 2012

Menaces sur le Printemps des Poètes (synthèse 2)

Après la pétition - que vous pouvez aller signer ici - lancée jeudi 8 novembre pour sauver Le Printemps des Poètes et qui a déjà atteint plus de 4000 votes en seulement huit jours, une partie de la presse a pris le relai de la résistance gauloise organisée sur nos divers sites, blogs et pages Facebook. 

D'où ce deuxième bouquet de liens vers les principaux éléments du dossier. Il est enrichi au fur et à mesure, comme la première synthèse de début octobre.  

Samedi 10 novembre : Le directeur de cabinet de Vincent Peillon évoque un fonds de solidarité pour de nombreuses associations mais en exclut explicitement le Printemps des Poètes pour des raisons de justice... Association : Un million d'euros de fonds de solidarité exceptionnel

Lundi 12 novembre : un article de soutien de Christelle Petit sur le site de l'Enssib (Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques). 

Mardi 13 novembre 
- Le site ActuaLitté, l'un de ceux qui ont le mieux couvert le sujet, reproduit l'intégralité de la lettre ouverte de Francis Combes à François Hollande : Monsieur Hollande, la poésie est-elle considérée comme un luxe ? Du coup la question est maintenant à l'Elysée... 
- le site du Nouvel Observateur évoque la lettre de Francis Combes, l'appel du collectif Orphée et les remous suscités par l'arrivée de la nouvelle équipe à la Maison de la Poésie de Paris. L'article se clôt sur la nouvelle position de la mairie de Paris qui assure maintenant que la Maison de la Poésie "conservera son nom". Dont acte. 
DirectMatin.fr reprend aussi la dépêche AFP qui a repris la lettre ouverte de F. Combes à F. Hollande. Deux jours plus tard, le sujet est l'un des plus discutés sur son site : 
- Le Point.fr a également repris cette dépêche le même jour.


dimanche 11 novembre 2012

Nous sommes déjà des milliers !

Devant l’incompréhensible silence du ministère de Vincent Peillon, une pétition a finalement été lancée par l'association le Printemps des Poètes dont la baisse subite du financement met en cause l'existence (voir l'article de synthèse : ici). Quatre jours après son lancement, on peut déjà y voir un succès incontestable.


Les signatures viennent de la France entière et pour 13% seulement de Paris.

Près de 3000 soutiens déjà !


A l'instant où l'on écrit 2826 personnes ont déjà pris la peine d’aller sur le site et de déposer leur soutien mais cela augmente sans cesse... Allez donc voir ici à combien on en est au moment où vous lirez ceci. 

Début octobre, nous écrivions, un peu bravaches, sur la page Facebook Sauvons le Printemps des Poètes : "Nous sommes des millions!" C’était à la fois provocant et volontariste. En tout cas, il est certain que nous sommes déjà des milliers.

D’abord simple geste de solidarité et d’amitié envers l’équipe du Printemps des Poètes, cette page avait aussi pour objectif de commencer à nous compter, nous tous qui aimons la poésie, soit en la pratiquant d’une manière ou d’une autre, soit en la goûtant.

Elle a rempli son objectif, cette page, attirant des milliers de personnes - entre 5000 et 10.000 par semaine depuis un mois, avec un pic à 28 000 - suscitant des milliers de réactions et des centaines de commentaires, relayant et relayée par d'autres pages Facebook, par des blogs, par des sites, par la presse (notamment le journal ActuaLitté qu'il faut féliciter pour sa couverture régulière de la question)... et transformant un simple mouvement de désolation apitoyée en une vague de protestation puissante et continue dont le ministère doit comprendre qu'elle ne s'arrêtera qu'avec une solution positive apportée à cette crise qu'il a déclenchée. Pour 60.000 euros...

La poésie est dans une situation indigente et on voudrait lui arracher ses hardes ? 
La poésie n'a pas d'argent, monsieur le ministre, on n’fait pas les poches aux pauvres gens. 

AxoDom 

vendredi 2 novembre 2012

"Revenir à la littérature, à la poésie" (Aurélie Filippetti)


VERBATIM la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, lors d'une soirée dans la maison d'Aragon à l'occasion du trentenaire de sa mort :
"Nous pensons que la culture est objet politique et la politique un projet culturel émancipateur. Je crois que cette mission de la culture, malgré la crise et plus que jamais à cause de la crise, est de revenir à la littérature, à la poésie."


Le propos est extrait d'un article d'Alain Nicolas dans le quotidien l'Humanité daté du 1er octobre 2012 et que vous pouvez lire in extenso ici : http://www.humanite.fr/culture/le-swing-de-louis-sous-la-pleine-lune-505240. 

On était fondé à supposer que le "nous" en question ci-dessus désignait le Gouvernement. Pourtant, le lendemain les services de Vincent Peillon, son collègue de l'Education nationale, lâchaient le fatal couperet sur le budget du Printemps des Poètes et deux jours plus tard, nous recevions le courrier d'alerte de Jean-Pierre Siméon, son directeur artistique, informant les partenaires de l'association que ce défaut d'un financement pourtant prévu et budgété impliquait "la disparition à brève échéance de la structure, et consécutivement de la manifestation"

AxoDom

dimanche 28 octobre 2012

Menaces sur le Printemps des Poètes (suitess)



Pour ou contre une pétition en ligne ?

Dire d'abord, pour ceux qui l'ignoreraient encore, que le budget du Printemps des Poètes est toujours à ce jour amputé d'une partie de la dotation promise par le ministère de l'Education nationale ce qui remet en cause la survie même de l'association. Malgré la mobilisation de milliers de personnes et les centaines de courriers envoyés au ministre Vincent Peillon son cabinet n'a toujours pas bougé d'un pouce. 

S'interroger maintenant sur les suites à donner à ce silence. 

Depuis le courrier d'alerte de Jean-Pierre Siméon et de l'équipe du Printemps des Poètes début octobre un grand nombre de personnes émues par la situation (cf. l'article de synthèse et liens ici), nous ont suggéré de lancer une pétition en ligne. 

Indépendamment même du fait que tout prend du temps et que cela aussi il faudrait le gérer, nous sommes très partagés sur l'efficacité réelle de ce type de moyen.

Certes, le caractère automatisé et viral, donc simple et efficace, est séduisant et semble renvoyer à l’âge des cavernes les pétitions à l’ancienne. Mais il y a aussi des arguments inverses.

L’équipe du Printemps des Poètes a dès le début privilégié l’envoi de courriers au ministre, qu’ils soient originaux ou copiés-collés sur leur modèle ou sur le nôtre. Le papier garde une forte charge non seulement symbolique mais aussi d’engagement, surtout aujourd'hui où un envoi électronique est si simple.

De notre côté, nous sommes circonspects. 

D’une part, les quelques centaines de lettres reçues par le ministre ont un poids tangible et nécessitent des actions physiques (réception, ouverture, lecture, préparation de la réponse et envoi) qui pèsent sans doute plus lourd qu’un mél disant que 5000 ou 50 000 personnes ont cliqué, parfois sans réfléchir plus de quelques secondes, sur un site de pétition en ligne.

D’autre part, nous avons eu quelques mauvais échos, sur ces sites de pétition à la chaine… Tous les détails sont dans l’extrait ci-dessous du mél d’une association qui explique clairement pourquoi elle préfère que ses soutiens ne les utilisent pas. C’est dit en termes fleuris mais c’est dit.



Au vu de ces éléments et pour nous aider à nous décider, nous sommes preneurs de tout avis éclairé, soit dans la case "Commentaires" ci-dessous soit sur la page Sauvons le Printemps des Poètes. 

AxoDom

mardi 16 octobre 2012

La lettre à Vincent Peillon de Jacques Bonnaffé et Jean-Pierre Verheggen

( Menaces sur le Printemps des Poètes, suite. Hélas ! )

Jacques Bonnaffé - ici aux 30 ans des Parvis Poétiques
fêtés au Grand Parquet fin septembre -
qui ne cesse de mettre son talent et son humanité
au service des poètes morts ET vivants. 
Nous savons que les courriers affluent par centaines au Ministère de l'Education Nationale pour demander à Vincent Peillon de reconsidérer la décision de supprimer  60 000 euros d'aide de son ministère à l'association le Printemps des Poètes, dirigée par Jean-Pierre Siméon, qui travaille toute l'année avec les milieux scolaires et universitaires.


Certains épistoliers, connus ou non, ont l'excellente idée d'envoyer une copie de leur courrier à l'association ou à la page ad hoc "Sauvons le Printemps des Poètes" qui a accueilli des milliers de visiteurs, et où vous pouvez trouver deux modèles de lettre à envoyer vous-même.

Voici celle, belle, forte et émouvante, de Jacques Bonnaffé avec Jean-Pierre Verheggen.
Le Printemps des Poètes est un événement annuel qui fêtera ses quinze ans d'existence en 2013, son rayonnement n'est plus à démontrer. Il excède les périodes dans lesquelles il est annoncé, il excède tous les territoires où on l'estimait attendu, il excède les budgets dans lesquels on le comprimait avec le peu de moyens qui lui était accordé : il pourrait servir de modèle dans sa gestion, son action, ses retombées nombreuses et sa communication. Pas d'équivalent. Pas d'équipe qui se soit battue avec un tel acharnement. 
Au lieu de voir son développement soutenu, au lieu de tirer profit de cette plateforme inédite où se retrouvent auteurs et comédiens, acteurs multiples, citoyens poètes et publics, on l'étouffe. On préfère l'ignorer, la réduire dans les missions qui font sa force et son histoire. 
Peu de mots sont capables de dire l'écœurement de ceux qui ont accompagné la création du Printemps des Poètes et toujours été fidèles à sa mission, sans intérêt personnel, avec la certitude qu'il y avait bien une utilité sociale à la poésie et qu'elle se vivait à travers une manifestation décidée et rayonnante dans la cité, les territoires, par les villages, les points d'ancrage les plus divers et jusqu'aux horizons les plus lointains. 
Je me garderai de faire les comparaisons de moyens et de budgets, elles sont affligeantes et montrent par elles seules le peu de cas qu'on semble faire de ces actions en profondeur au profit de gadgets institutionnels, hiérarchisés et couteux. Le peu d'intérêt aussi qu'on porte à un art qui se fonde sur la sensibilité des mots, interrogeant la nature des discours, leur essence, n'en paraît que plus significatif. 
On ne peut pas admettre une telle restriction de budget après des années d'un exercice très serré et presqu'impossible.  
La poésie, c'est tristement vrai, n'intéresse pas beaucoup de personnes mais concerne beaucoup de monde. Elle forme des clans, des chapelles, de forts petits nombres de fidèles et d'incalculables fiertés, elle réunit comme elle divise mais toujours ouverte au premier venu c'est avec le même désir amoureux, la même loi folle du hasard qu'elle abolit toute séparation, toute distinction, elle appartient à chacun. 
Jacques Bonnaffé, comédien metteur en scène avec Jean-Pierre Verheggen, poète Belge

Si vous pensez que plus on est nombreux, mieux on se fait entendre, n'hésitez pas un instant : twittez, facebookez, bloguez... bref, partagez ce message avec tous vos contacts. Même vos ennemis, on ne sait jamais...

(Pour être tenu au courant des évolutions et nouveaux articles, inscrivez votre adresse mèl dans la case

SUIVRE PAR MÈL / FOLLOW) plus bas à droite.  

dimanche 7 octobre 2012

Menaces sur le Printemps des Poètes... (suites)

Mireille Le Liboux a de la mémoire...

Elle nous rappelle sur son blog que « La culture est le disque dur de la politique », comme disait Aurélie Filippetti en juin dernier. Un mois avant que son collègue de l'Education Nationale, Vincent Peillon, ne coupe une aile au Printemps des Poètes...
A lire ici : Menaces sur "le printemps des poètes"

jeudi 4 octobre 2012

Menaces sur le Printemps des Poètes 2013 (synthèse évolutive et liens)

Politique. L'objet du refus s'enfonce, dans la colère.

L'objet du refus profond de ce monde désaxé se renforce sans cesse et le nom de ce blog trouve hélas chaque jour de nouvelles raisons d'être. L'amicale évocation légère des "Armas secretas" de Julio Cortazar, chères aux axolotls de tous les pays, s'est muée en une nécessité rageuse.
(Merci à Denis Heudré pour cet efficace détournement)
Dans le texte que nous relayons ci-dessous le poète Xavier Lainé, massif de sa colère, dit tant de choses que nous ressentons qu'il vaut mieux lui laisser la parole, ici.

Le Printemps des Poètes est menacé
Un pic de ces vagues cruelles point par exemple dans les menaces qui pèsent sur le Printemps des Poètes. La presse en parle (un peu) :
Mercredi 3 octobreLivreshebdo.fr
Jeudi 4 : Actualitte.com/salons/printemps-des-poetes-le-budget-coupe-un-contresens-du-gouvernement
Le même jour un article de suite : Actualitte.com/societe/vincent-peillon-un-couteau-sous-la-gorge-de-la-poesie comportant les textes de soutien de L'union des poètes et de l'Union des Ecrivains. 
vendredi 5 : LeMagazineLittéraire.comMagazine-litteraire.com/actualite/breve/coupes-budgetaires-bibliothecaires-poetes-font-frais et FR3 Limousin relaye la lettre à Vincent Peillon de Laurent Bourdelas : 
http://limousin.france3.fr/2012/10/03/une-baisse-de-subventions-menace-le-printemps-des-poetes-99761.html
mercredi 10 : Sur un blog de Médiapart Sauvons-les-poetes-et-leur-printemps, reprise du courrier de l'association et quelques réactions de lecteurs où percent pas mal d'idées reçues sur la poésie contemporaine...
Vendredi 19 : François Goblet interviewé dans L'Indépendant du Pas de Calais, hebdo diffusé autour de Saint Omer, mentionne les problèmes du Printemps des Poètes.
Lundi 22Marie-José Sirach, dans les pages culture de l'Humanité, titre Lourdes menaces sur le Printemps des poètes, soulignant l'action de l'association en milieu scolaire dans un papier très détaillé.  

Alors !
Que faire hors s'indigner comme le roc
sous la pluie sans abri.
Digne dans les débris
enragé zèbre d'orage à voix rauque.
          AXODOM
             (sur internet les majuscules sont des cris, les lettres alors montrent les crocs)


Quelques unes des nombreuses réactions 

* Lettre ouverte de Pierre Maubé et réaction de Roger Gaillard dans les commentaires de ce post
* Mario Urbanet : "Indignation est souvent mère de raison... Ces gens-là devraient mieux entendre les poètes, qui parfois parlent juste ! "
* Nicole Brossard : "Une forme de vitalité qui abonde en pensées, images et paroles fortes en teneur d'espoir, c'est aussi ce qui se nomme: Printemps des poètes. Et nous aimons partager."
* Michel Thion sur le blog MicroCassandre, pendant électronique de la revue Cassandre/Horschamp, affiche le succulent sourire en coin de sa juste ire.
La lettre émouvante de Jacques Bonnaffé avec le poète Belge Jean-Pierre Verheggen.
* "Simple enseignant je ne découvre qu'aujourd'hui la triste nouvelle... L'équipe du Printemps des Poètes nous accompagne pourtant depuis 2004... à la rentrée une lettre au ministre... en attendant juste un essai de faire circuler l'info dans la mesure de mes faibles moyens..." http://0z.fr/ZlLsJ ou  http://www.eveil25.info/article-touche-pas-a-mes-poetes-112117900.html

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