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Ce blog est le petit frère de notre site disparu et un peu reconstitué ici.
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mardi 17 septembre 2013

Le projet < Poésie et Sculpture >


Le mot, posé par l'écriture sur un support plat, est assez naturellement associé à l’image. Celle-ci partage son environnement en deux dimensions (feuille, page, affiche, mur…). En tout cas, cette association est bien plus rare avec le volume


Poésie sur pierre en ville. 
"Le bateau ivre" à l'ancre... 

... sur un long mur de la rue Férou,
 
(Paris, 6e) près de l'église St Sulpice.











La main qui écrit est cousine de la main qui dessine. La main qui frappe, modèle, burine, fabrique, assemble... est-elle pas de la même trempe ?

Il y a des bibliothèques entières de livres mêlant poésie et peinture (ou dessin). De même, il y a des discothèques immenses habitées par les enfants du mariage entre poèmes et musiques. Mais si peu de ponts ont été tendus, fussent-ils de lianes rongées par un magma en fusion, entre la poésie et la sculpture



Des poètes et des sculpteurs ensemble dans la ville


Explorant pour notre part depuis longtemps ce double intérêt pour le mot et pour la matière - la chose étendue de Descartes ou Spinoza - dans notre propre pratique artistique, nous avons souhaité proposer à nos amis poètes et sculpteurs de faire un peu de route ensemble. Nous avons voulu provoquer des rencontres plus rares, en investissant d’autres rapports à l’espace, aux dimensions, au volume. Car "C'est dans le volume que nous vivons" (Gil Minorque-Meilud). 

Au cours du festival O+ô de Paris 2013, l’intervention des poètes et des sculpteurs s'est faite in situ, dans la ville. Ces rencontres avaient pour objet d’entraîner les artistes à penser leur art respectif en incluant la richesse de l’autre discipline mais aussi de placer le public sous le feu de découvertes à double entrée.


AxoDom     

mercredi 25 janvier 2012

Bibliothèques polémiques

A l'évidence, l'Internet bouleverse la lecture tout comme l'écriture. Heureusement préservée à l'écart du bruit littéraire, la poésie a fort à gagner au Net et à ses oeuvres.
La bibliothèque idéale ?
Dans un article intéressant malgré ses excès polémiques, "Les écrivains malades du Net", Laurent Margantin sur son blog Carnets d'Outre-Web oppose les écrivains publiés (arrivés, reconnus, etc) et les "plébéiens du Net". Il oppose aussi la "bibliothèque de famille bourgeoise", antre de paix confortable sinon luxueux, à l'accès numérique ouvert à tous. Si l'on passe sur les attaques ad hominem contre Yann Moix et Frédéric Beigbeder que chacun est libre d'apprécier ou non, les questions soulevées sont intéressantes mais...

Pascal disait avec justesse que "le contraire d'une vérité profonde, c’est une autre vérité profonde".

Ainsi, opposer la beauté d'une bibliothèque de livres de papier à l'efficacité de l'accès numérique n'a guère de sens, sauf à reconnaître que la première est plus belle et la seconde plus efficace, et encore... Ayons la sagesse de nous réjouir de pouvoir aujourd'hui profiter des deux; nos successeurs n'auront peut-être pas ce privilège quoi que sans doute ils en auront d'autres.

D'autre part, qu'elle soit de bois ou d'octets, chaque bibliothèque est un labyrinthe qui nous remémore Jorge Luis Borges. Dans un bel article du Monde Diplomatique d'avril 2010, Alberto Manguel, justement spécialiste de Borges, jouait avec l'idée que les lectures successives d'un même livre créent en nous une bibliothèque virtuelle, une sorte d'étiquetage personnel.
"Mais mes propres Don Quichotte, ceux qui correspondent à chacune de mes lectures différentes, ceux qui ont été inventés par ma mémoire et édités par mon oubli, ne peuvent trouver une place que dans l’esprit de mon lecteur." 
Tout joue dans ces souvenirs de lectures et notamment l'objet, le papier, le vent qui pousse les pages... toutes choses difficiles à retrouver sur un écran. En revanche, la richesse des découvertes que le Net permet aujourd'hui à bas coûts est incommensurable. Toute la meilleure poésie du monde est au bout de nos doigts, offerte à notre curiosité.

La liberté de "L'âge de l'accès", préfigurée par Jeremy Rifkin il y a 10 ans, a aujourd'hui le paradoxale et délectable résultat d'aider à la redécouverte de la poésie par les lecteurs eux-mêmes puisque les "grands médias" l'ont exclue de leurs colonnes depuis des lustres. Le nombre de clics sur le nom de Tomas Tranströmer encore inconnu la veille de son prix Nobel est... émouvant.

Et le débat commence à peine...