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dimanche 25 mai 2014

Lendemain de DOUBLE//CHANT

Au matin du lendemain de notre lecture / projection de poésie à l'Institut des cultures d'Islam il convient de remercier. 


Une salle pleine, des gens debout...
Une belle vision des lectures de poésie. 

D'abord remercier le public venu nombreux sans autre communication qu'un simple événement sur Facebook et un pépiement. Ni publipostage, ni pollupostage. Merci à vous tous, amis et inconnus, qui êtes venus à l'ICI porter ce DOUBLE//CHANT entre poésie de Syrie et de France.

Merci à Jamel Oubechou, président de l'ICI, pour son soutien dans ce projet, pour sa présence au spectacle et pour ses mots sensibles à la fin. Merci à l'ami Laurent D. qui a apporté sa pierre à l'édifice.

Une pyramide et des chaises longues ?


Merci à la directrice artistique de l'ICI, Zeynep Morali qui nous a fait confiance malgré nos idées un peu folles sur le papier; on lui a dit qu'on voulait mettre des mots dans un chapeau, monter une pyramide, installer des chaises longues et toutes sortes d'autres extravagances face auxquelles elle est restée stoïque et souriante. Merci à Elsa Blanc, son assistante, et à sa réactivité.

Merci beaucoup au régisseur général Etienne Charasson qui nous éclairés avec une superbe simplicité et rendus audibles et merci à son équipe technique (Patrice, attentif aux manettes et sensible aux câbles, et Karim).

Merci à l'amie Claire Nguyen qui a décrit exactement ce que nous avons voulu faire et qui l'a formalisé plus clairement que nous n'avions su le faire entre nous :
" Emouvant et délicat, sans pathos pour autant, je dirais presque pudique. "
Merci à l'ami poète Svante Svahnström, pour sa présence chaleureuse hier matin et pour le témoignage de son émotion aujourd'hui sur Facebook : 




Merci aux inconnus chaleureux,
émus, diserts ou silencieux,
qui nous ont remercié avec leurs yeux
qu'une pluie parfois avait voilés un peu.

Dom

ET LE FUTUR ?


"DOUBLE//CHANT" est un spectacle/lecture/projection. On est prêt à le refaire n'importe où. Si vous connaissez un programmateur, festival, lieu de théâtre ou cinéma/vidéo dynamique, etc. 

mardi 4 mars 2014

INNOCENTS de SYRIE et d'AILLEURS (une répétition)


Le programme du mois de mars de la Maison d'Europe et d'Orient

Retour immédiat sur une journée de répétition de INNOCENTS de SYRIE et d'AILLEURS  dans le "bunker" de la Maison d'Europe et d'Orient.


Autant un livre se construit dans la solitude - fut-on deux à l'écrire - autant un spectacle s'élabore ensemble. A la table. Celle des genoux, celle d'un café puis dans la salle elle-même.

Construire, élaborer...
Est-ce que l'on construit un livre ?
Est-ce que l'on élabore un spectacle ?
Et qui le fait, sinon une manière de fantôme collectif qui vole de l'un à l'autre dans l'air de la salle et qui file de plus en plus vite avec ses ailes de paroles vives lancées au hasard des "idées".

" Et si on... Non, c'est idiot.
- Mais si , vas-y. Dis !
- Non, je ne sais pas, je me disais... Ce texte-là, il pourra peut-être se dire à deux voix ?
- ...
- A deux voix ? Pourquoi ?
- Et pourquoi pas à trois ou quatre voix ?
- Mais bien sûr, on peut le chanter en canon aussi.
- ...
- Bon, essayons à deux voix ! Je vais me mettre au fond de la salle pour voir ce que ça donne, si le texte reste audible. "

C'est cela une répétition, c'est "essayons !" C'est sans cesse penser aux oreilles et aux yeux de ceux qui vont découvrir un travail qui a mis des mois ou des années à se former en une seule soirée, en un temps ramassé de leur vie, toujours entre deux autres choses qui filent et nous, nous essayons de les arrêter sur l'inactuel de la vie, sur ce qui compte plus que ce qui change sans arrêt.

Et c'est aussi l'apport, toujours hésitant, de nouvelles hypothèses prépensées, dont on ne sait présager l'accueil, que l'on vient confronter au premier regard des partenaires, bienveillant mais honnête.

L'écriture se fait au fond de sa propre grotte. Le travail en répétition est la traversée d'un jardin sous un bombardement.

ATTENTION !

Toujours, au fond là-bas, dans la partie "doute" du cerveau qui croit savoir, cette alerte intime : méfiance. Toujours rester en hauteur, ne pas déchoir dans l'anecdote, dans le séduisant spectaculaire. D'ailleurs, INNOCENTS de SYRIE et d'AILLEURS est-il un spectacle ? Non, c'est une soirée d'hommage pour.

"Pour tous les innocents qui haïssent le mal
La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais (...) "
Paul Eluard

mercredi 15 mai 2013

Autonomie de la poésie


Les problèmes de survie du Printemps des Poètes (voir les résumés ici ou bien là) ont mis à jour ces derniers mois des questions de fond touchant au rapport que nos sociétés entretiennent avec l'art, et singulièrement avec la poésie et donc avec leur propre essence. 
Plus on analyse ces questions, plus s'impose la nécessité d'affirmer l'autonomie de la poésie en tant que secteur distinct.

Posé clairement, ce principe entraîne diverses conséquences au regard de la création, de la diffusion et de la distribution de la poésie en France. 
Disons-le net : aujourd'hui, ce souci est d'ordre politique. Cela oblige à ouvrir les volets de la tour d'ivoire où l'on croit enfermés les poètes et à lancer l'oeil hors de la tour de feu. 

© Médiathèque départementale de Seine-et-Marne.

Ni littérature...

Ce n'est pas parce qu'elle s'écrit dans des livres que la poésie doit être enfermée dans la vaste maison de la littérature. D'ailleurs les bons libraires ont un vrai rayon poésie, une large fenêtre, et ce n'est pas seulement par habitude ou par amour des catégories d'Aristote. C'est qu'en commerçants avisés, ils sont à l'écoute du Lecteur. Or pour s'y retrouver dans la profusion de l'offre et de ses désirs touffus, le Lecteur a besoin de repères.

Même s'il est parfois maigre, la seule existence d'un rayon poésie est la preuve en acte de la résistance vitaliste de ce secteur. C'est aussi le meilleur moyen d'en assurer l'extension naturelle car on découvre souvent un nouvel auteur par un naturel voisinage de rayonnage ? On cherche les "Histoires" de Prévert et on ouvre les "Fragments du choeur" de Marcelin Pleynet, par la simple grâce de l'alphabet. La bonne nouvelle pour les vivants, c'est que dès qu'un rayon poésie existe, il est rare que ne s'y cachent quelques poètes contemporains.

Ni spectacle...

De même, ce n'est pas parce que la poésie peut être lue en public, voire mise en scène, qu'elle doit être engloutie dans l'ample espace du spectacle, non plus que dans le champs du théâtre qui lui aussi a droit à son aire spécifique. Bien sûr Shakespeare est un poète et pas seulement dans ses Sonnets ou dans ses poèmes épiques ou lyriques, bien sûr Jean-Pierre Verheggen dit par Jacques Bonnaffé est délectable aux oreilles mais une mise en scène n'est que l'une des multiples interprétations qu'ouvre la densité d'imaginaire d'un poème. Il n'est pas nécessaire de "monter" Anabase de Saint-John Perse ou Poèmes de la presqu'île de Michel Deguy pour les goûter. Le livre se suffit. 

C'est pourquoi, de même que l'endroit où l'on voit des films s'appelle un cinéma, il faut des lieux spécifiques dont le nom soit Maison de la poésie ou Maison de poésie. Ceci afin que chacun s'y retrouve, à commencer par le public. On peut, si l'on est facétieux, parler de Cabane de poésie mais l'idée d'une demeure attachée à ce genre doit s'imposer. Là encore, c'est une question d'affirmation. Sans tomber dans un forme de nominalisme, on sait à quel point le mot crée la chose. Et justement Marcelin Pleynet dans "Fragments du choeur, vers et proses" (p. 97, éd. L'infini / Denoël 1984) affirme : 
"Du nom des choses, de la mission baptismale de la pensée." 

Parlons chiffres clairs

Cette autonomie du secteur de la poésie est singulièrement nécessaire dans les outils permettant de mesurer sa présence.
Il est assez peu efficace, et donc compréhensible, voire acceptable, que certains chiffres émanant des structures professionnelles mêlent indistinctement théâtre et poésie au motif que les volumes étant faibles cela aurait peu de sens de les dissocier. Bien au contraire !

Il y a dans cette pratique une courte logique comptable. Elle est bien compréhensible si l'on ne s'intéresse qu'aux quantités et donc aux plus gros volumes, mais c'est une aporie et même une absurdité dès lors que l'on prend en compte la valeur immatérielle, le capital incommensurable, la qualité.
En passant, et afin de ne pas se laisser enfermer dans un faux débat sur la qualité qui, pour ceux que cela arrange, serait toujours "discutable" ou "subjective", posons immédiatement avec force que non ! la qualité d'un Apollinaire n'est pas comparable avec celle d'un livre de cuisine. C'est comme ça.

Le mélange fréquent des chiffres de diffusion des secteurs de la poésie et du théâtre - ainsi stigmatisés ipso facto comme des sous-secteurs - rend ces données non seulement vides de sens mais inexploitables et donc inutiles. Surtout quand on passe de l'analyse statique à l'étude dynamique. Comment mesurer l'évolution d'un secteur avec des chiffres globalisant deux secteurs ?
D'autre part, comment évaluer l'efficacité de telle ou telle action spécifique ? Comment savoir si une initiative pour mettre en avant une nouvelle variété de poires a été efficace si on ne dispose que du chiffre global poires + pommes ? Absurde...

Tout ce qui est dit ici nous semble d'ailleurs vrai aussi pour l'autre partie du "couple" théâtre/poésie. Tous deux devraient joindre leurs efforts pour que cesse cette mauvaise pratique. Le théâtre, lui aussi, ne peut que souffrir de cet amalgame. 

Pour toutes ces raisons de simple bon sens, la commission "Etat des lieux / Chiffres" de l'Union des Poètes et Cie s'est attachée à ce point prioritaire dès la création de l'association en décembre 2012. Sans données détaillées, on ne peut trouver dans les chiffres aucune aide sérieuse, aucun outil de décision et les bonnes volontés sont condamnées à tourner en rond en répétant indéfiniment un discours de lamentation inutile et démotivant comme dans un film de Guy Debord : 
"In girum imus nocte et consumimur igni."
(Nous tournons en rond dans la nuit et nous consumons dans les flammes)
Ces derniers mois de travail de défrichage, de prises de contact, d'organisation, de construction des questions ne nous font espérer aucun miracle, quoi que.... 

Tout comme l'avait fait Bruno Grégoire dans son ouvrage "Poésies aujourd'hui" publié en 1990 chez Seghers, il est toujours utile de ratisser régulièrement la plage après la marée, d'ouvrir les mains et de regarder ce que l'on a dedans. Ne serait-ce que pour ensuite fourbir les armes de la poésie

                                                                               Dominique Guillerm
                        

Nota bene : Ce texte n'engage pas l'Union des Poètes et Cie. Il a pour seul objectif de nourrir les réflexions collectives en cours. Réflexions que nous poursuivrons lors de la 3e réunion plénière du vendredi 7 Juin 2013 de 19h à 20h30 à la Salle des Expositions (1er étage) de la Mairie du 2ème ardt, 8, rue de la Banque, 75002 Paris. 
Ordre du jour complet consultable sur la page Facebook de l'associationEn voici un extrait : 
  • Synthèse des actions réalisées
  • Présence au Marché de la poésie
  • Intervention à la Maison de la poésie 
  • Synthèse des travaux des commissions
  • Échanges sur le projet : Le livre pratique du poète
  • Les conditions de l’édition poétique : vers un contrat type ?
  • Conditions de l’édition numérique
  • Conditions pour les interventions et animations poétiques
  • Actions à envisager...