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Ce blog est le petit frère de notre site disparu et un peu reconstitué ici.

jeudi 15 décembre 2011

André Markowicz ouvre son atelier

Sur le site remue.net André Markowicz - traducteur notamment de Dostoievski et Shakespeare - livre une série de poèmes "traduits ou non" intitulée : Un entretien aléatoire.

Au point de départ, en septembre dernier, voici comment il présentait cette innovante aventure:

"Je voudrais, toutes les semaines, essayer de faire partager un texte — poème traduit ou non traduit — comme une étape d’un livre en train de se former, au risque de le perdre, peut-être, ou de le voir se fragmenter, — cette impression que je poursuis de quelque chose comme juste à la limite d’apparaître avant de se dissoudre (...) "

Passionnant de pouvoir suivre la genèse de la petite tragédie qu'est tout poème.
Ainsi, prenez le temps d'aller lire celui-ci : remue.net : André Markowicz | Un entretien aléatoire (9) et - surtout - de vous arrêter sur la note finale...

Et puis, mais seulement après, jetez votre oeil curieux sur ce texte-là qui donne une sorte de mode d'emploi.

(Source photo : le site http://retors.net/spip.php?article56 où Sarah Cillaire signe un long article sur l'activité/statut de traducteur de Markowicz)

lundi 12 décembre 2011

Correspondances de poètes

Les correspondances d'écrivains publiées foisonnent. Celles de poètes sont plus rares, comme les poètes. Le suédois Tomas Tranströmer et l'américain Robert Bly se sont écrit pendant 20 ans.

Robert Bly (né en 1926) est ce fermier, traducteur, poète et écrivain, du Minnesota passionné par les contes et la mythologie qui a connu un succès international avec « Iron John: A Book About Men » (publié en France sous le titre "L'homme sauvage et l'enfant" en 1992). Ce fervent de C.G. Jung avait développé une théorie qui a été la base du Mythopoetic men's movement au cours des années 80…

En tout cas, Bly est l’un des premiers à avoir publié Tranströmer dans son journal "The Sixties", jusqu'à ce qu'en 1990 une hémiplégie réduise la faculté d'écrire et de parler du poète suédois.

Leur correspondance intégrale Air Mail: The Correspondence of Robert Bly and Tomas Tranströmer” est déjà un best-seller en Suède et l'éditeur Graywolf doit la publier aux USA début 2013.

Ca parle de poésie, bien sûr, et des allers et retours de la traduction. Mais cet ensemble d'environ 200 lettres balaie aussi toutes sortes de sujets, explique Jeffrey Shotts, l'éditeur qui en a acquis les droits récemment, comme nous l'apprend Jennifer Schuessler dans le New York Times (http://artsbeat.blogs.nytimes.com/2011/12/07/poet-to-poet-graywolf-to-publish-bly-transtromer-correspondence/?partner=rss&emc=rss).

Les deux poètes évoquent aussi la réception critique du travail de Tranströmer aux Etats-Unis, la politique de leurs deux pays, la guerre du Vietnam, des projets de voyage, des bavardages d'écrivains et même, plus intime, la façon dont Tranströmer en est venu à devenir le parrain du fils de Bly. C'est finalement dit l'éditeur, un "portrait d'une longue et solide amitié littéraire".

Tranströmer y raconte la cérémonie de remise du Nobel de littérature à… Eugenio Montale. Il l’avait suivie à la télévision 36 ans jour pour jour avant de recevoir le sien le 10 décembre 2011. Il décrivait le poète italien recevant son prix des mains du roi de Suède. La façon amusée dont il relate la scène jette d’ailleurs un doute amusé sur la distance de son amusement… 
Depuis l'annonce du dernier Nobel, Graywolf a déjà vendu aux USA 15 000 exemplaires de “The Half-Finished Heaven” (2001), un choix de poèmes de Tranströmer traduits par Bly.




Vois comme je suis assis
telle une barque tirée à terre. 
Je suis heureux ici.
(La grande énigme, 2004)

lundi 24 octobre 2011

Nazîm Hikmet tremble encore

Pensant à ce jeune habitant de Van, dans le sud-ouest de la Turquie touchée hier par un très fort séisme (7,2 degrés sur l'échelle de Richter), on revoit Nâzim HIKMET.



Ce garçon, emmuré sous un immeuble effondré, a été sauvé grâce au SMS qu'il a pu envoyer. 
Il a pu dire où il était.
HIKMET aussi. Emmuré en prison la moitié de sa vie, il a pu grâce à ses poèmes dire où il était :

" Je suis dans la clarté qui s'avance.
Mes mains sont toutes pleines de désir
.
Le monde est beau
.
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres.
Les arbres si verts, les arbres si pleins d'espoir.
Un sentier s'en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie.
Je ne sens pas l'odeur des médicaments.
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part.
Être captif, là n'est pas la question.
Il s'agit de ne pas se rendre
.
Voilà."
(poème écrit en prison)

samedi 22 octobre 2011

Beauté de feuille




Il est si difficile de quitter la Bretagne qu'un peu en dessous de Vitré, je me suis échappé d'une station-service où le besoin nous avait arrêté. 

Dans un petit bois voisin, j'ai attrapé le soleil qui jouait avec une feuille d'automne. 

Jusqu'à ce qu'un camion vienne nous déranger. 

Mais je suis vite retourné à ma feuille. C'était un vendredi 13.



Beauté de feuille par AxoDom_Guillerm

Si vous remarquez une lenteur inhabituelle, vous pouvez aussi voir cette séquence sur la plateforme d'échanges pour vidéastes et cinéastes VIMEO.

lundi 10 octobre 2011

Pessoa, l’intranquille

L'ANAGNOSTE: Pessoa, l’intranquille (collectif)

Sur son site, L'ANAGNOSTE, Éric Bonnargent propose de découvrir Pessoa à l’occasion de la sortie d’une nouvelle édition revue et corrigée du Livre de l’intranquillité, les ...

vendredi 7 octobre 2011

Ah mais je connais ce mur et cet escalier !

(Bon anniversaire Daniela !)


Ce mur et cet escalier...


Entre ce mur de brique et cette rampe de bois,
hétaïres et gardiennes de l'escalier des rois,
deux jambes à résille de l'Eden-sur-Terra
grésillent sous les yeux aimantés d'Esmeranta !


Tous, on connait bien ce mur et cet escalier
ils sont de la campagne, ils sont d'une ville d'eau
ils sont du Lot-et-Garonne, ils sont de Rio
ils sont d'où le soleil respire sans allié.

Et pourtant, ce n'est pas partout la même femme 
qui se tient là comme une photo de cinéma 
entre ce mur de brique et cette rampe de bois. 

Et quand ce serait la même, elle n'a pas la même flamme 
douce, pas les mêmes yeux et les mêmes bijoux de poids
ni surtout le même coeur de mystère aux abois.

AxoDom
Paris, 5 octobre 2011

La photo de Madonne à l'escalier ci-dessus représente la cantatrice Daniela de Carli, photographiée par EMIDIO LUISI. Pour l'agrandir, cliquer ici : Lien.

mercredi 5 octobre 2011

Vanessa Place, PAS fleur bleue du tout !

Avocate californienne, Vanessa Place a fait des affaires judiciaires les plus sordides auxquelles elle est confrontée, la matière de son travail poétique. C'est en tout cas son pari. Toujours sur le fil du rasoir. La première surprise passée, il faut admettre qu'elle y parvient. Sa voix, son ton, son calme, son... absence y sont pour beaucoup.



Ecoutez plutôt :
Poets & Critics @ Paris Est 2011-2013: Vanessa Place reads at Point Ephémère, Sept. 30, 2...: Before we post the transcripts of our fruitful sessions with Vanessa Place, here's the video of the Point Ephémère reading on Sept. 30.


Reste cette interrogation sincère : ces textes très proches de simples et froids comptes-rendus d'audience relatant des affaires de viols ultra-violents, de meurtres ultra-noirs sont-ils encore de la poésie lorsqu'ils sont privés de sa voix, de son visage blafard et de ses cheveux noirs ?

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