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vendredi 31 janvier 2014

Innocents de Syrie et d’ailleurs

Innocents de Syrie et d’ailleurs est le titre d'une soirée prévue le 28 mars à Paris. Une manifestation artistique de poésie, peinture, musique et cinéma.  

© Thierry Cauwet, avec son autorisation. 
En octobre 2013, le poète syrien en exil Omar Youssef Souleimane entend au festival international Poètes à Paris où il était invité le long poème qu’AxoDom avait écrit en découvrant la série du peintre Thierry Cauwet « Massacre en Syrie ».

Quelques semaines plus tard, Omar traduit en arabe le poème d'AxoDom et le fait publier dans le quotidien libanais An Nahar (Le Jour). Fin décembre, ils imaginent cette manifestation artistique.

Avec la comédienne Marianne Auricoste, ils veulent chanter la force faible des innocents des guerres de tous temps et de tous lieux en croisant des poèmes d'Omar, nés de l'exil (« Comme deux oiseaux qu’aucun nid ne séduit »« Je ne peux pas venir »« La mort loin de la mort », inédits), le long poème d'AxoDom (« Temps mort en Syrie », édité au Nouvel Athanor, in Les Cahiers du Sens, 2013) et d’autres textes connus ou non, de poètes, d’époques et de géographies divers parmi lesquels :
Pierre Jean Jouve - Juan Gelman - Eluard - Apollinaire - Francisco de Quevedo - Lord Byron - Henri Meschonnic - Bruno Doucey - Baku Yamanoguchi - Mahmoud Darwich ...
Intégrées à l'oeuvre collective seront présentées des peintures de Thierry Cauwet, à l'origine du poème « Temps mort en Syrie ». 


Enfin sera projeté le court-métrage « Je ne suis plus personne » réalisé il y a quelques mois à partir de trois poèmes d’Omar Youssef Souleimane traduits par Lionel Donnadieu. Signé par Elvina Attali, ce film a été sélectionné au festival Anthropologies Numériques qui aura lieu les 19 et 20 mars prochain au Cube, à Issy-les-Moulineaux, en association avec Les Ecrans de la Liberté.

Les musiciens Stéphane Gallet et, sous réserves, Sébastien Lunghi nous accompagneront en transcrivant leurs émotions sur leurs instruments : nay, tanbur ou guitare...

Juliette Blondelle nous a apporté son oeil de scénographe avertie. 

Omar remercie la poétesse Aïcha Arnaout pour la traduction de ses poèmes en français 
et AxoDom pour leur relecture.



Innocents de Syrie et d’ailleurs
28 mars 2014 à 19h30 
Maison d'Europe et d'Orient - Centre culturel européen, 
3 Passage Hennel 75012 Paris.
Tarifs : 7 € (plein) - 5 € (réduit) - 3 € (abonnés MEO)
Réservation vivement conseillée au (33) 01 40 24 00 55 (du lundi au vendredi) 


Correctif (01/02/2014) 
Dans une première rédaction, nous avions écrit que le  court-métrage « Je ne suis plus personne » était sélectionné au festival Ciné-Poème de Bezons, en partenariat avec Le Printemps des Poètes. 
C'était un quiproquo, au sens propre, puisqu'il a été envoyé au festival Ciné-Poème - qui n'a pas encore bouclé sa sélection - mais sélectionné au festival Anthropologies Numériques. Nos excuses à l'un et l'autre. 




jeudi 30 janvier 2014

La rémunération des créateurs en Europe

Lancée par la Commission européenne une consultation est en cours actuellement sur la notion même de droit d'auteur. Elle sera close le 5 février. Il y a donc urgence. 


Devant les assauts du numérique, qui a transformé les modes d'appropriation de l'oeuvre d'art, y compris de façon malhonnête, l'Europe a tout bonnement décidé de tout remettre à plat. Courage ou inconscience ? On verra.

La problématique, grossièrement résumée, va de : 
- faut-il maintenir voire renforcer un système protégeant les droits moraux et patrimoniaux des créateurs 
- faut-il au contraire considérer que l'art doit être gratuit, quitte à salarier les artistes ? 

Evidemment, ce raccourci est caricatural mais c'est quand même entre ces deux bornes que les choix sont à faire. Avec bien entendu des ramifications du côté des intermédiaires : fournisseurs de contenu ou vendeurs de matériels qui seraient déclarés responsables et donc "taxables", comme cela existe déjà dans les droits voisins.

En tout cas, si vous vous sentez beaucoup, moyennement ou un peu concerné, c'est le moment de donner VOTRE avis sur Creators for Europe

Bonne occasion de s'exercer à la démocratie directe. Pour Socrate, et d'ailleurs pour tous les Grecs de son siècle, c'était une obligation évidente aux yeux de tout citoyen. Mais pour nous aujourd'hui ? 

Deux moyens d'agir

Premier niveau, très simple, facile et rapide, signer la pétition en ligne par exemple sur cette page de la Sacem.

Deuxième niveau, plus technique, remplir le questionnaire ici
Il s'agit d'une version simplifiée qui comprend "seulement" 80 questions... L'original, accessible en version française via le site de la Commission européenne nécessite lui environ trois fois plus de temps pour entrer dans la complexité du sujet. 

Retenons tout de même cette idée rassurante : tout le monde peut donner son avis.
" Les contributions de toutes les parties concernées sont les bienvenues, en particulier celles des consommateurs, des utilisateurs, des interprètes, des éditeurs, des producteurs, des radiodiffuseurs, des intermédiaires, des distributeurs ou de tout autre fournisseur de services, des sociétés de gestion collective, des autorités publiques et des États membres. "

Mais la poésie dans tout cela ? 

Bonne question. Pour l'instant, nulle mention nulle part. 
Ce n'est pas forcément étonnant, même si c'est toujours un peu choquant mais c'est la conséquence habituelle du manque de structuration du milieu de la poésie. Et aussi, de cette idée que le "genre" poésie serait toujours simplement englobée dans "la littérature", ou "le livre", ce qui revient à dénier l'autonomie de la poésie, alors qu'un mouvement inverse se dessine aujourd'hui. 

L'initiative de la pétition mentionnée plus haut vient du milieu de la musique : Creators for Europe est né de l’impulsion de l’Alliance européenne des auteurs et compositeurs de musique (ECSA)
Mais, dit leur site internet, elle "promeut tous les secteurs culturels et créatifs". Nous en concluons qu'elle inclut la poésie.

Son objectif en tout cas est de "permettre à tous les créateurs de vivre de leurs droits d’auteur, à tous les publics de profiter pleinement de la culture, de sa diversité et de sa créativité", ce qui nous convient parfaitement. 

Et après ? 

Cette consultation débouchera comme d'habitude sur un Livre blanc. Ce document préparatoire sera la première étape vers une Directive, c'est-à-dire l'équivalent au niveau européen d'une loi. 

Cette Directive dessinera les contours d’une nouvelle organisation du droit d’auteur dans toute l'Europe. C'est dire l'importance de l'affaire. 

Comme disent les gens de la Sacem sur leur site "A nous, créateurs et amis de la création, d’y répondre et de nous mobiliser au nom de la diversité culturelle !

Amis de la poésie, à nous de jouer.